dimanche 28 octobre 2007

In love with Pierre Hermé

Samedi (appelons ça "ma deuxième journée d'anniversaire"), j'ai fait un goûter des plus décadents qui soient... Mes papilles en frémissent encore! Déjà fan de macarons en général et de ceux de Pierre Hermé en particulier, je fus emmenée dans sa boutique (juste à côté de la maison! la nouvelle boutique de la rue Vaugirard) et jetée dans la mer des tentations hermésiennes! Le tout en surprise.

Résultat: nous sommes revenus avec un Montblanc et plein de petits macarons pour organiser un vrai goûter décadent à la maison (selon moi, c'est un paradoxe que la lave du Vésuve ne se soit pas déversée sur nous à ce moment-là. Dieu merci on est suffisamment loin!). Le Montblanc, dont ma palme d'or personnelle revenait à celui d'Angelina (226, rue de Rivoli), fut sans aucun doute le meilleur du monde!!! Je suis très objective, je sais. Bien plus fin et légèr que celui d'Angelina, il fond dans la bouche et vous donne les forces pour courir chez Pierre Hermé en racheter un autre!

Quant aux macarons, je ne vais pas m'attarder sur les traditionnels vanille, pistache, rose, caramel au beurre salé, huile d'olive (tous excellents, tous me plongent dans l'extase). Venons-en aux faits: j'ai goûté le macaron "avant-première" de la collection "Les Macarons d'Exception" (du 4 décembre au 6 janvier), celui à la Truffe blanche et noisette (biscuit macaron, éclats de noisettes du Piémont grillées, crème à la truffe blanche). J'en pleurais presque tellement c'était bon. Non, j'exagère quand même, j'avais dû franchir la barrière de la truffe qui n'est pas une odeur traditionnelle pour un dessert. Mais l'idée, aussi farfelue qu'elle puisse paraître, est excellente: ce sont plutôt des macarons "d'apéritif" (la truffe donne un arôme assez caractéristique), et dans cette catégorie-là, on ne trouve pas mieux!

La décadence extrême, c'est de prendre un thé avec des macarons "normaux", faire une sieste, et refaire un goûter encore plus décadent avec des macarons à la truffe blanche en guise d'apéro. Ce qui fut fait.

Pour le reste, à partir du 4 décembre vous pourrez goûter aux autres macarons de la collection, à savoir les macarons à la Truffe Noire; Églantine, Figue et Foie Gras; Vinaigre Balsamique; et Chocolat et Foie Gras. A tester!

Voir également: une excellente critique de cette collection d'hiver (ainsi que d'autres nouveautés de Pierre Hermé) par Caroline Mignot dans Une Table à Découvert.
Le groupe Macarons Pierre Hermé vs. Ladurée sur Facebook (160 membres!)

Adresses:
Pierre Hermé
72 rue Bonaparte, 75006 Paris
185 rue de Vaugirard, 75015 Paris

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samedi 27 octobre 2007

Some like it odd: du jazz au Théâtre des Déchargeurs!

Hier, au Théâtre des Déchargeurs, un excellent concert de jazz d'un petit groupe que je ne connaissais pas du tout: "Some like it odd" (à vrai dire, étant une grande fan de "Some like it hot", le film, je ne pouvais pas passer à côté!). Vraiment une très belle surprise.

A la frontière du nu-jazz et du jazz vocal plus traditionnel, Some like it odd exploite des courants assez différents, allant du jazz pur à la soul, avec toujours autant de talent. Les compositions, signées Matthieu Dersy (piano), sont à la fois inventives (mais sans vous rendre fou!) et traditionnelles de façon réconfortante... On flotte dans leur univers au fil des chansons magnifiquement interprétées par Alejandra Gatica (nom de scène: Lady Gatica), en anglais. On ne comprend pas toujours les paroles (et pourtant, je pensais ne pas avoir de problèmes en anglais...), mais on est charmé.

Alejandra Gatica, très enceinte et très en forme, mène les musiciens (mention spéciale pour Sonao à la batterie) avec une énergie et une sensualité enviables (et enviées, c'était vendredi soir, tout de même!), en transformant les spectateurs lessivés par une semaine de travail en des mélomanes avides de bis et généreux en bravi. Non contente d'avoir le rhytme dans la peau et une présence d'enfer, la demoiselle a également beaucoup d'humour! De la poésie à la boutade, elle nous raconte sa vie, ses rêves ("j'ai rêvé que j'accouchais d'Harry Potter"), nous remercie d'être là ("Quand on pense qu'il y a Zazie au Zénith et que vous avez préféré venir ici..."). Tu parles, à comparer les deux, la prochaine fois je n'hésiterai même pas!

Voici un extrait de Bittersweet sorrow, un morceau nettement plus blues que le reste, mais que j'ai vraiment aimé.









D'autres chansons, comme I can't remember ou bien l'excellent morceau consacré à Paul McCartney ("Paul, let's just be friends..."), sont plus énergiques, avec des rhytmes "cassés" qui vous entraînent très loin! A signaler également, une très belle reprise de Too Shy de Kajagoogoo. D'autres morceaux peuvent être écoutés sur leur page MySpace (j'ai fini par acheter quelques chansons... )

A voir également: une très bonne critique de leur album sur le blog PastAllConcerns;
leur page MySpace, et la page Myspace de Lady Gatica.

Les entendre: au théâtre des Déchargeurs ( 3 Rue des déchargeurs 75001, métro Châtelet) : jusqu'au 10 novembre 2007. Durée: 1h30.
Achat de billets (réduction), ou bien sur place juste avant le concert.

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mercredi 24 octobre 2007

Dîner romantique au Je Thé...Me

Très belle soirée pour mon anniversaire hier, dans un restaurant au nom évocateur de "Je Thé...me". Je suis une grande amatrice de thé, moi! :-) Bon, on verra que le thé n'est justement pas le fort de ce restaurant (c'est Lipton), mais je ne vais pas faire la difficile, allez!

Décor. Classé monument historique, le restaurant était avant un salon de thé (il y a une vingtaine d'années), et encore avant, une épicerie fine (début du siècle)... Jacky et Damien Larsonneur ont donc gardé les boiseries et les petites étagères et qu'ils ont remplies de théières, de pots à farine et de bibelots en touts genres. Tout ce que j'aime! On s'y sent bien (le genre de restaurant parfait - ni trop grand, ni trop bruyant, ni trop "coude à coude"), et le service très sympathique y est certainement pour quelque chose!

Côté repas, Je Thé...Me est réputé pour son foie gras maison ainsi que pour le magret de canard. Le foie gras de canard était effectivement excellent (bien que servi avec une saison un peu noyée dans la sauce - pas touché). Sinon, une poêlée de champignons des bois fait aussi très bonne impression en entrée - les petites girolles sont fermes, huilées mais pas trop, et gardent toutes leurs arômes.

Dans les plats, on a testé le pavé de boeuf à la sauce au poivre (accompagné d'un gratin de pommes de terre et de champignons sautés); ainsi que le filet de daurade au thym. La viande est bonne, mais bizarrement le côté cuit du pavé saignant n'a pas le goût de la viande grillée, mais de la viande cuite dans l'eau. Le thym se marie parfaitement avec la daurade (attention aux arêtes, même le serveur en avait une coincée dans la gorge!), mais le chef a été un peu radin sur les légumes et un brin trop généreux sur l'huile.

Quant aux desserts, le croquant aux fruits frais (pâte sablée émiettée, crème fouettée, fruits rouges) et le baba au rhum (servie avec une bouteille de rhum - servez-vous!) ont remporté tous nos suffrages!

Les prix: le soir, une formule entrée-plat-dessert à 35 euros. Raisonnable. Et la carte change selon la saison.

Au final: une très bonne table de tradition, à l'ambiance chaleureuse où il fait si bon d'être deux!

Restaurant Je Thé...Me
4, rue d'Alleray
75015 Paris
Métro Vaugirard - Ligne 12

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lundi 22 octobre 2007

J'adore Bill Maher! :-)

Je ne connaissais pas du tout Bill Maher: il s'agit en fait d'un acteur/comique/écrivain et producteur américain, super connu aux USA (il a notamment fait l'émission "Politically Incorrect" sur ABC" et, maintenant, "Real time with Bill Maher" sur HBO), et spécialisé dans la satire politique (plutôt dans la lignée talk-show/one man show)...

Je remercie mille fois la personne qui m'a envoyé la vidéo suivante, où Bill Maher fait l'éloge de la France et de ses habitants (regardez bien, vous y verrez Sean Penn mort de rire):







La vidéo est bien évidemment en anglais, mais vous pouvez la visionner avec des sous-titres français ici.

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mercredi 17 octobre 2007

La physique des catastrophes / Marisha Pessl

J'ai enfin terminé les 624 pages de La physique des catastrophes de Marisha Pessl. Ceux qui suivent l'actualité littéraire ont dû déjà en entendre parler: un premier roman déjà bestseller aux Etats-Unis, écrit par une toute jeune femme (27 ans) toute jolie, y a de quoi plaire à l'industrie (oui oui, car c'est bien l'industrie médiatique qui s'en mêle, comment peuvent-ils passer une écrivain si mignonne qu'ils peuvent enfin publier des interviews avec une photo).

J'avoue, je ne sais pas exactement ce qui m'a attiré vers ce roman (certainement une critique de Télérama, diront certains). Probablement, je me sentais trop grande pour des Harry Potter et des Club de Cinq, mais je gardais une certaine nostalgie pour les livres sur le monde adolescent avec un peu de suspense, comme je les aimais il y a une dizaine d'années... Ca me fait vieille ça, aïe! Peut-être vaut-il mieux admettre que je lisais encore des Harry Potter à 20 ans! :-D

L'histoire: sans entrer dans trop de détails, La Physique des Catastrophes décrit la Terminale d'une lycéenne américaine pas comme les autres (car possédant une culture encyclopédique et un sens d'auto-dérision), une année remplie d'événements et de bouleversements, centrée autour de trois personnages: Bleue van Meer (la lycéenne en question), son père, Gareth van Meer (un brillant professeur, à la fois séducteur et papa-poule) et Hannah Schneider, une mystérieuse prof de cinéma du lycée qui entretient des liens étrangement proches avec certains élèves. De la saga familiale au roman adolescent, du suspense au roman d'amour (des amours pas tout à fait réciproques), de la description de la jeunesse américaine - qui m'a beaucoup rappelé Moins que zéro de Bret Easton Ellis - à la description de la génération de leurs parents (d'un père, brillant intellectuel, à des parents ordinaires qui collectionnent des bons de réduction et tondent leur pelouse)... Vous aurez compris, on peut mettre beaucoup de choses dans 624 pages.

Plus que l'histoire, c'est le sens d'observation de Marisha Pessl, et sa capacité de créer un personnage en quelques phrases, ... Quelques détails bien saisis, et il se présente devant vous plus vrai que nature. Elle est probablement l'écrivain qui a décrit le plus de sourires différents au sein d'un même livre (un sourire qui apparaît comme Lauren Bacall dans l'embrasure d'une porte; comme le feu d'un briquet cassé qui disparaît tout de suite; un héros qui distribue ses sourires tel un homme-sandwich qui distribue ses flyers...) - chacun est unique, et chacun nous rappelle quelqu'un.

C'est vrai, il y a beaucoup de citations et de (vraies et fausses) références bibliographiques dans le texte. Ça irrite certains. Je le vois plutôt comme faisant partie du personnage de Bleue van Meer, un reflet de sa jeunesse qui a besoin de trouver appui chez des auteurs pour exprimer ce qu'elle pense.

Et puis aussi, elle se pose des questions qu'il m'arrive/ait de me poser, moi aussi (et que, peut-être, se posent tous les enfants de parents intello, élevés dans un milieu culturel, et qui en ont gardé un léger mépris pour la culture populaire et les gens qui la prennent au sérieux):
En partant au bal avec Zach, un garçon fou amoureux d'elle, mais simplet, Bleue jette un dernier coup d'oeil en direction de la maison, où, dans le jardin les parents de Zach se tiennent toujours enlacés en les regardant s'éloigner. "Et sans jamais pouvoir l'avouer à papa, je me demandai, l'espace d'un instant, (...), en quoi c'était horrible d'avoir une famille comme ça, un père pétillant, un fils aux yeux si bleus qu'on s'attendait presque à voir des moineaux les traverser, et une mère qui regardait le dernier endroit où elle avait vu son enfant comme un chien à l'entrée d'un supermarché ne quitte pas des yeux les doubles portes automatiques".


Lire ou ne pas lire? Sincèrement, soit vous allez aimer, soit vous trouverez ça un peu lourd. Le conseil: feuilletez-le (de préférence au milieu, le début est un peu laborieux) dans une librairie vous vous ferez très vite une idée (je conseille pour ça le chapitre "Femmes amoureuses"). Et aussi: 600 pages, ce n'est pas beaucoup. Une semaine d'allers et retours en métro, et c'est bon. Profitez de la grève... :-)

La physique des catastrophes
Marisha Pessl
Gallimard
Traduit de l'américain par Laetitia Devaux.
624 pages.

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samedi 13 octobre 2007

Moovyplay: la révolution de la location vidéo?

Moovyplay est un nouveau concept qui est censé révolutionner la location vidéo et donc la consommation de cinéma à la maison (ha ha, quel effet d’annonce, dit comme ça !). Un prélancement (dans une trentaine de points de vente) le 20 octobre, suivi d’un large déploiement en printemps 2008, sera orchestré par le groupe CPFK qui détient plus de 2200 points de vente (Vidéo Futur, Cinebank et Vidéo Pilote).

Alors, qu’est-ce que le Moovyplay ? il s’agit d’un lecteur doté d’une unité de stockage (donc, en gros, un petit boîtier 8x12), que vous allez amener dans votre Vidéo Futur (ou autre) pour télécharger les films que vous voulez voir. Après, vous revenez à la maison, et vous les regardez quand vous voulez sur votre télé (j’imagine, avec un petit câble). J’espère que la bête va au moins avoir une prise HDMI, sinon c’est vraiment triste ! Mais je pense que Archos (qui est donc le partenaire technique de cette merveille) ne pouvait pas passer à côté !

Comment ça marche ? Moovyplay peut contenir jusqu’à 40 films basse définition (pourquoi basse définition ?) et sera proposé aux clients des vidéoclubs au prix de 139€ pièce. Une offre de location du boîtier d’environ 5€ par mois serait aussi à l’étude. Chaque film serait visible pendant 48h à partir de son démarrage. Moovyplay se connecte sur une borne située à l’intérieur du magasin. 3000 titres seraient actuellement disponibles, cependant seulement quelques éditeurs auraient déjà signé les accords nécessaires. La borne de téléchargement serait mise à disposition du vidéoclub, avec un pack de 100 boîtiers le premier mois, pour un loyer de 500€ mensuels. Le prix de l’acte locatif est fixé à 4€, dont 55% reviendraient au gérant (au voleur, au voleur ! 55% ! Du vol !).

Qu’est-ce que ça vaut ? Bon, bien évidemment, j’attends de tester avant de tirer des conclusions définitives. Les bons côtés : on pourra trouver plus de films dans les videoclubs (plus de « film non disponible » car trois personnes l’ont déjà pris avant vous), et l’offre – du moins, on l’espère – sera plus large. Les moins : prix tout de même trop élevé (comparable aux prix en vidéo à la demande, jugés dans l’ensemble trop élevés par les consommateurs). Pas de possibilité de payer moins (e.g. 1,5€ en rendant le DVD dans la soirée – et pourquoi pas, si le club est juste en bas de chez vous ?). Le prix du boîtier/abonnement élevé (vu que maintenant on peut enregistrer les programmes sur le magnétoscope numérique – cf Freebox HD, on peut faire la même chose en s’abonnant à quelques chaînes de cinéma, et garder les films plus que 48 heures !) Et puis finalement, la question pour l’instant sans réponse : y aura-t-il un gain de qualité ou non ?

Update 09/11: j'ai testé le Moovyplay (pour l'instant en magasin): tous les détails ici!

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vendredi 12 octobre 2007

Les écrivains apprentis: friend or foe?

C’est terrifiant tout de même. Je viens de découvrir la popularité grandissante des logiciels « J’écris un roman », « J’écris un film » et autres « J’écris une BD ». Des centaines de personnes autrement incapables de se servir de leur plume vont maintenant pouvoir déverser sur nous les fruits de l’accouchement au forceps subi par leur imagination. Dur, dur. Déjà presque 1500 nouveaux romans par an (et encore plus de tentations pour ceux qui lisent dans d’autres langues et/ou ceux qui ne lisent pas que les romans de l’année), et ce n’est pas fini… Je suis sure que d’ici un ou deux ans, les apprentis écrivains vont inonder les éditeurs de leurs manuscrits. Enfin, relativement manu-, vous l’aurez compris.



Plus qu’un coup de gueule contre le torzhestvo de la médiocrité, c’est une alarme (encore une…) contre la tendance actuelle de la création (et surtout de la littérature) française : l’autofiction. Avant, les écrivains écrivaient pour vivre. Balzac, Dostoïevski, Agatha Christie ou Hemingway ne s’en sortaient pas si mal que ça. De nos jours, bon nombre d’écrivains vivent pour écrire. Mais que vivent-ils ? La torture du vide de la première page ? Leur psychanalyse ? Leurs divorces (vu le taux de divorce actuel, on va en avoir beaucoup de ceux-là) ? Leurs frasques au bureau (ah les collègues-écrivains mal compris)? Les faits divers aperçus rapidement dans un journal ?

Au final, rares sont ceux qui ont une vie vraiment passionnante (parmi les derniers, Emmanuel Carrère et son Roman Russe font figure d’exception). Et plus rares encore, ceux qui ont autre chose en tête que leur propre vie. On peut compter sur les doigts les romans qui relèvent véritablement de la fiction. Ceux qui ont des personnages qui ne s’appellent pas « ma femme », des histoires inventées, rêvées, racontées, et non vécues, analysées ? Suis-je la seule à languir pour de la vraie fiction ?

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jeudi 11 octobre 2007

Le Grand Pan - Paris XVe

Ouvert depuis le 12 mai par Christian Etchebest (le Troquet) et Benoît Gauthier, Le Grand Pan est un vrai restaurant pour carnivores ! Il a depuis conquis les journalistes gourmet (dont le Figaroscope, 3 cœurs), ainsi que bon nombre de bloggueurs, dont mes préférés Une table à découvert et le Chrisoscope.

La presque totalité de la carte (en tout cas, des plats) est constituée de côtes : de porc, de veau, de bœuf, servies pour 2 personnes uniquement (depuis, une question me titille : que faire si on est trois ? Quelle discrimination pour les ménages à trois, non mais !), ce qui leur permet d’être plus hautes et donc plus moelleuses. Vous pouvez en revanche choisir une cuisson différente pour chacun des carnivores dévorant la même côté. Bien vu (cuisson parfaite pour les deux). Les entrées, quant à elles, sont imposées : on a eu droit à des lentilles avec un morceau de poulet (pas décevant, mais j’en raffole pas), tandis que d’autres dégustaient une soupe au potiron. Viennent les côtes, accompagnées de frites (probablement les meilleures frites que j’aie mangées à Paris – et attention, j’ai une grande expérience belge en la matière !), de salade et de girolles à l’huile (ces dernières en supplément), délicieuses. On en redemanderait, si l’on n’était pas assommé par la côte de bœuf, plus que copieuse.

En dessert (la gourmandise, quand tu nous tiens !) – une intéressante soupe de marrons (à peine trop sucrée à mon goût), ou un pain perdu très réussi.

20, rue Rosenwald, XVe. Tél. : 01 42 50 02 50. Tlj sf sam. midi et dim. Côte de porc Ibaïona pour 2 personnes à 38 €. Côte de bœuf pour 2 personnes 48€.

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mercredi 10 octobre 2007

Comment Arte trompe ses spectateurs...

Il y a quelques jours, je parlais d’un documentaire de Arte, « Au nom de Dieu, du tsar et de la patrie » qui a ouvert une série de documentaires sur l’état de la démocratie dans le monde. Le film a été diffusé hier soir. Résultat ? « Nice try » - comme disent nos amis les amerloques, mais il ne faut pas nous prendre pour des cons ! Explication :

Le documentaire s’articule autour de deux histoires parallèles – celle de Dourakovo (mais pourquoi ils le traduisent comme le « village des fous » ? Dourak en russe veut dire bête, con, stupide… ), et celle du vice-président de la Douma et du mouvement d’extrême-droite. Dourakovo est présenté comme un village dirigé par le businessman Morosov, qui n’aime pas la démocratie et se fait construire sa bania par les habitants du village.

Quelque chose clochait. J’ai vérifié – et, effectivement, mon intuition ne m’avait pas trompée : ce village - « le centre », comme disent ses habitants en russe, ce que les sous-titres ne montraient pas – est en fait un centre de réhabilitation pour les alcooliques et les drogués. Ah, c’est plus clair, là ! C’est un centre effectivement créé par Morozov (millionnaire et ex-alcoolique) il y a 10 ans. Dit comme ça, Morosov n’a plus l’air d’un tyran, d’un chef de secte, d’un dictateur… Pourquoi, dans le film, les gens disent « il m’a aidé », « il aide tous ceux qui en ont besoin », etc. ? Mais parce qu’il les sort du cauchemar de la drogue !!! D’où la nécessité d’autorité, de main ferme, d’où les références au « chaos » engendré par la démocratie (en fait, pas tout à fait par la démocratie mais par la période de transition). D’où l’importance de la religion ! Voilà pourquoi le petit garçon dit que « sans la religion, on serait déjà tous morts » !

Je suis outrée qu’Arte puisse autoriser des omissions aussi importantes à une réalisatrice qui savait très bien ce qu’elle faisait (des mots comme « centre », « soigner », etc sont soigneusement évités dans les sous-titres)! Ce centre est en effet assez connu en Russie, et de nombreux journaux lui ont consacré des articles. Oui, on peut discuter sur la personnalité de Morosov, sur la sincérité de la foi qu’il impose au habitants du village, etc. Mais faire d’un mensonge conscient son point de départ, c’est trop !

Quant à l’autre histoire – elle me semble plus véridique et plus intéressante, bien qu’elle n’apporte pas vraiment de nouveau éclairage sur la situation en Russie (enfin, pour ceux qui suivent un peu l’évolution des événements). L’utilisation de la religion et de l’armée, ainsi que l’approbation des mouvements d’extrême-droite sont des méthodes en utilisation depuis le début du « rêgne » de Poutine. Tant mieux si maintenant plus de gens seront au courant… Mais je n’y ai découvert rien de nouveau, à part la fête de Saint-Elie, célébrée conjointement par l’armée et l’église. Cocasse.

Au final, quelle déception d’avoir été trompé par une chaîne à qui l’on faisait pourtant confiance ! Dieu merci, le film était suffisamment court pour que je n’éteigne pas la télé avant la fin. Bouh !

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mardi 9 octobre 2007

Humour: Eric Antoine "Satisfait ou Remboursé" au théâtre Trévise


Petite soirée sympathique hier au théâtre Trévise : j’ai vu le spectacle d’Eric-Antoine. Qui c’est ? Bon, j’avoue que moi non plus je n’aurais jamais su si ce n’était pas le Télérama qui lui avait consacré un tout petit article dans la sélection des spectacles de la rentrée. J’ai été attirée par la promesse d’un comique intello dans un show scientifique qui cite Lacan. C’est peu dire que Télérama n’a pas vu le spectacle. Non non, ce n’est pas mauvais ! Mais, première chose à retenir : Eric-Antoine est avant tout un magicien/prestidigitateur. Ensuite, comique.

Le spectacle est intitulé « Réalité ou illusion » (non, en vérité c’est « Satisfait ou remboursé », car E-A se propose de vous rembourser si vous n’avez pas aimé, à condition de lui expliquer pourquoi). Eric-Antoine, « le plus grand humoriste de France » (2m07), incarne un personnage plutôt curieux : une sorte de conférencier/prof de fausses sciences un peu fou. L’argent, la mort, l’amour passent donc l’examen de « réalite ou illusion », mais servent surtout de prétexte pour des tours de magie (magiques !).

Côté musique, Eric-Antoine est bien entouré du Freylekh Trio, et le spectacle se déroule accompagné de motifs klezmer ma foi assez agréables.

Quant à l’humour, j’ai préféré, en vérité, la première partie (qui apparemment change chaque lundi) : un jeune homme Arnaud ( ? si quelqu’un peut me rappeler son nom de famille, merci beaucoup !) avec son sketch de jeune breton, très réussi (malgré une chanson un peu lourde à la fin).

Faut-il y aller ? Pourquoi pas, si vous avez un lundi soir de libre, globalement, on passe plutôt une bonne soirée, et on rigole. Absolument, si vous aimez les tours de magie et les spectacles participatifs. Pas vraiment, si vous vous fiez à la critique Télérama :-D Ne vous fiez pas aux critiques en général. Le Parisien, par exemple, l’appelle «magicien et clown philosophe à la Woody Allen », et c’est franchement à côté de la plaque. Pas Woody Allen pour un sou, je ne sais pas où ils vont chercher ça…

Où ? Tous les lundis à 21h30 au théâtre Trévise, 14 rue de Trévise IXe, métro Grands Boulevards ou Cadet.

Combien ? 21€, réduction adhérents FNAC à 16,5€. Placement libre. On fait la queue dans la rue...

En savoir plus : pas mal de vidéos sur Youtube en tapant « eric antoine ».

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Nouvel album de Radiohead - dites un prix!

Excellente nouvelle entendue ce matin à la radio (c’est ça que de changer de Chérie FM pour France Cultures – ne rigolez pas, ça ne capte pas bien dans la salle de bains !!! J’ai que ces deux là, ou presque) : mon idée géniale sur le téléchargement légal de la musique a enfin été entendue… par Radiohead ! Peu de gens s’en souviendront (quelques collègues et amis, mais vraiment si j’insiste), mais il y a un an je proposai la chose suivante : j’accepterai de payer mes téléchargements si je sais que ça va directement à l’artiste, et là, allez, je veux bien payer 5 euros à Lisa Ekdahl, elle bosse bien en fin de compte. L’idée était de télécharger les albums ou chansons directement sur le site de l’artiste, en lui payons combien on peut. Alors, tenez-vous bien :

Demain 10 octobre Radiohead va sortir son nouvel album « In Rainbows » qui sera uniquement disponible sur son site internet – ils se sont passés d’une maison de disque ! Le mieux, c’est que c’est vous qui fixez le prix. Combien, selon vous, ils méritent ? 3-4 euros ? Ce sera de toute façon plus que ce qu’une maison de disques leur aurait reversé sur des ventes CD. Alors, si l’on sait qu’on ne paye plus tous ceux qui « parasitent » sur les créateurs (je sais, j’y vais un peu fort, mais c’est voulu), on aura peut-être honte de voler les artistes directement ! Moi en tout cas. Et pour les vrais fans, un super coffret (vinyle+CD+téléchargement, avec des titres bonus - sur la photo) peut être acheté. Il vous sera livré à partir du 3 décembre.

Bien sûr, vous me direz que ça ne marche que pour les groupes connus. Mais si l'on creuse un peu plus (souvenez-vous, Prince donne ses CD gratos et se rémunère sur les concerts), on pourrait imaginer la chose suivante: la promo d'un nouvel artiste se ferait dans des petits clubs (e.g. pour le jazz le Café Universel est un bon exemple), puis dans des clubs plus gros, etc. en faisant connaître aux gens la possibilité de télécharger un album pour quelques euros. Si l'on vise les amateurs d'un genre (jazz, rock, monde, etc.) ce n'est pas impossible! Si vous avez aimé un petit artiste entendu dans un bar, il y a de fortes chances que vous ayez envie de télécharger son album pour moins cher qu'un verre de vin!

Pour revenir à Radiohead, voici la tracklist : 15 step – Bodysnatcher – Nude – Weird fishes/arpeggi – All I need – Faust Arp – Reckoner – House of cards – Jigsaw failling into place – Videotape

Alors, rendez-vous demain (ou même tout de suite pour les impatients, le site a une fonction de pré-commande, mais le code d’activation ne vous sera envoyé que demain) ! Enough of greedy Majors !


Update 22/10: Alors, l'opération a été un grand succès - d'après les chiffres cités par le Figaro, l'album aurait été téléchargé 1,2 million de fois (et téléchargé sur le réseau P2P 240 000 fois). Seulement un tiers des internautes ont choisi de ne rien payer; les deux tiers restants ont payé huit dollars (5,59 euros). Mais cette somme, contrairement au mode de distribution physique (où ils auraient obtenu entre 1 et 2 dollars par CD vendu), a été presque totalement récupérée par Radiohead, ce qui leur aurait permis de gagner au moins 10 millions de dollars en une semaine!
A suivre: Madonna a abandonné la Warner pour Live Nation (tout simplement un promoteur de concerts), et risque de suivre très bientôt le modèle de Radiohead... Les majors s'arrachent les cheveux!

Update 05/11: j'ai épluché mon relevé de compte du mois dernier (oui oui, ça m'arrive), et j'ai remarqué que ma banque a pris une commission sur le paiement effectué sur le site de Radioheads! Ils doivent le faire parce que le paiement est en livres et non en euros... Donc faites gaffe, parce que 1 euro de commission sur un paiement de 2,78€, ça fait beaucoup!

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lundi 8 octobre 2007

Et dans mon coeur il y a... Un dîner Canal Saint-Martin

Ce restaurant situé dans le quartier très trendy pas loin du Canal St-Martin, a pris la place du regretté Bouledogue Bistrot (pour une fan de bouledogues comme moi ce n’est point négligeable). Le cadre est à la fois design et cosy (ça ne va pas toujours ensemble) : lumières tamisées juste ce qu’il faut, trois salles différentes (pas trop de bruit donc, et pas de « coude à coude »), un bar en bois sombre, fauteuils club, des miroirs aux murs, des lustres noirs au plafond, quelques livres sur des étagères, des bougies – le tout dans les tons marron et noirs.


Cette atmosphère chaleureuse et recherchée donne déjà un avant-goût de la carte : des mets raffinés mais sans extrêmes, de l’inventivité bien maîtrisée, de bons produits et des portions correctes – que faut-il de plus pour plaire ? En entrée, un foie gras servi avec du très bon pain toasté et une petite confiture de figues bien sympathique, accompagné d’un verre de coteaux du Layon. Un risotto primavera un brin trop crémeux (trop de parmesan ?), mais très goûtu, je n'ai pas laissé une miette ! Juste ce qu’il faut quand vous ne voulez pas trancher entre la viande et le poisson… Filet de mérou et son quinoa orangé : succulent.

En dessert, du pain perdu brioché – tendre, mais pas trop sucré, parfait ! Et allez, pour moi qui réchigne à manger mon dessert avec juste de l’eau ou du vin – une tisane de tilleul des Contes de thé (№18) en sachet en mousseline (c’est souvent le détail cheap qui tue, le petit sachet Lipton en guise de tisane…). Et du coup, maintenant il faut absolument que je passe dans leur boutique rue du Cherche-midi pour voir les thés/tisanes qu’ils ont ! Vais-je trahir Mariage Frères ?

Pour résumer, un restaurant comme on en cherche souvent pour un dîner aux chandelles. Très bon plan si vous allez voir une pièce dans un des nombreux théâtres du 10e (après Good Canary, par exemple ;-)

Et ailleurs? Caroline Mignot de Une table à découvert l’a testé à l’heure du déjeuner

Et dans mon cœur il y a…
56, rue de Lancry - 75010 Paris
Métro Jacques Bonsergent (ligne 5)

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dimanche 7 octobre 2007

GOOD CANARY au théâtre Comédia

Deuxième essai de John Malkovich dans la mise en scène (après "Hysteria" de Terry Johnson au théâtre Marigny en 2002), Good Canary est une pièce de Zach Helm, un scénariste américain en vue, qui a notamment signé les scénarios de l'Incroyable destin de Harold Crick
et de Mr. Magorium's Wonder Emporium ( avec Natalie Portman, Jason Bateman, Dustin Hoffman, sortie USA en novembre 2007).

L'histoire. Annie et Jacques (Cristiana Reali et Vincent Elbaz) sont mariés. Elle est écrivain. Elle se drogue, aussi. Aux amphétamines, car elle se trouve grosse. Elle est boulimique. Et lui? Il l'aime. Son roman, pour la protéger des critiques et des lecteurs, il le signe de son nom à lui. Mais cela suffit-il pour la sauver? Rien de comique dans cette histoire-là. Le théâtre (Théâtre Comedia) est assez mal choisi alors, car il y en a, dans le public, des spectateurs qui pensaient voir une comédie. Il y en avait même qui se croyaient au cinéma, avec leur paquet de chips. Mais ça, ce n'est pas la faute de Zach Helm. C'est que - j'ai l'impression - on perd peu à peu la capacité de nous laisser émouvoir, surprendre, transporter... sans attendre des blagues à la Bigard. Ou je me trompe?

La mise-en-scène. C'est probablement LA raison d'aller voir cette pièce. Point de temps morts, tout s'imbrique, tout bouge, tout sautille dans vos yeux - et vous commencez à voir le monde avec les yeux d'Annie. Le décor mobile imaginé par Pierre François Limbosch et les lumières et effets spéciaux vidéos de Christophe Grelié y sont pour beaucoup. Six panneaux mobiles sur lesquels sont projetés des photos, des vidéos, des animations, organisent l'espace scénique. Ce n'est pas sans rappeler Bob Wilson, mais ici les décors font vraiment partie de l'histoire, ils la illustrent, l'encadrent, sans eux, elle ne serait pas possible. Voici un extrait de la pièce (vous verrez mieux l'idée des panneaux vidéo):




Annie se met à faire le ménage ("pour ne pas penser"), lave les fenêtres - qui changent de taille et de place comme par magie. Les objets se déplacent d'eux-mêmes. Et il suffit de cligner des yeux pour se retrouver, tout à coup, dans un café new-yorkais, avec, au second plan, ces fameux immeubles aux escaliers de secours en zigzag. Alors, on se sent à la frontière du théâtre et du cinéma, avec de vrais acteurs qui bougent dans cet espace faux, mais si familier.

Les acteurs.
Le duo Cristiana Reali-Vincent Elbaz fonctionne assez bien (mieux à la fin qu'au début, où Elbaz est mal à l'aise et où Reali en fait beaucoup trop). Ariel Wizman n'est pas très crédible, mais il a un tout petit rôle. Jean-Paul Muel apporte une note de comédie amère dans le rôle de l'éditeur dépassé par ses dettes.

Faut-il aller la voir?
Oui, si vous aimez le théâtre, et que vous vous sentez de voir une pièce difficile mais intéressante. Non, si vous avez du mal avec le théâtre contemporain qui ne vous fait pas assez rire.

Où? Théâtre Comedia, 4 bld de Strasbourg 75010 Paris. Jusqu'au 4 novembre 2007.

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Un double anniversaire...

Drôle de journée, aujourd'hui. Je regarde Euronews (après avoir bataillé pour trouver des infos autres que sur le rugby), qui nous rappelle qu'aujourd'hui c'est l'anniversaire du meurtre d'Anna Politkovskaïa, dont les assassins n'ont toujours pas jamais été trouvés. Oui oui, ça fait déjà un an.

J'en parle au téléphone à ma mère, qui me raconte une autre histoire: cette semaine, à la radio "Ekho Moskvy" (Echo de Moscou, une des rares - si ce n'est la seule - radios libres en Russie), les djs ont voulu rigoler: "Le 7 octobre - disaient-ils, - l'anniversaire du président approche. Ne faudrait-il pas marquer ce jour? En faire une fête nationale?" - après avoir évoqué la proposition d'ériger un monument au retriver Konni, le chien de Poutine.

Que pensez-vous? Qu'ils ont reçu un appel du Kremlin demandant d'arrêter les blagues? Oh non, c'est bien pire... Nous n'avons plus besoin de censure. De nombreux auditeurs ont appelé la radio (et en Russie, il suffit de composer le numéro de la rédaction pour se retrouver en direct) pour dire: "Vous faites bien de soulever cette question, bien sûr qu'il faut rendre le 7 octobre un jour férié! Et d'ailleurs, ce n'est pas à Konni, c'est à Poutine qu'il faut faire un monument... Tout ce qui est bon dans notre vie, nous le devons à lui... On n'achète plus la nourriture avec des coupons... " (NB les coupons ont été supprimés sous Eltsine, mais qui s'en souvient maintenant que "Poutine est notre tout").

- Маразм крепчает (le marasme devient de plus en plus fort) - dit ma mère. Et le pire, c'est qu'il reste de moins en moins de gens qui se rendent encore compte que c'est du marasme.

Alors, le 7 octobre - double anniversaire. Et plein de questions. Politkovskaïa, était-elle un "cadeau" fait à Poutine pour son anniversaire il y a un an? Qui sait. Mais maintenant, les deux noms sont à jamais liés par le calendrier... Mais on célèbre Politkovskaïa d'un côté du rideau, et l'on fête Poutine de l'autre.

D. me dit: "Vas-y doucement avec ton post sur Poutine. Si tu vas en Russie, j'aimerais que tu puisses revenir". Alors, ne soyez pas trop nombreux à lire ce post, pour que je puisse encore rentrer chez moi.

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vendredi 5 octobre 2007

Au nom de Dieu, du tsar et de la patrie: documentaire sur la démocratie en Russie

Arte diffuse enfin la série de documentaires dont on entend parler depuis la rentrée, consacrée à l'état de la démocratie dans le monde. La Russie est à l'honneur, car elle commence le cycle.

Au nom de Dieu, du tsar et de la patrie (sur Arte mardi 9 octobre prochain, à 20h40) est un documentaire réalisé par Nino Kirtadzé, d'origine géorgienne, et se concentre sur une toute petite facette de la "démocratie" russe: un village qui s'appelle Dourakovo, où un businessman Morozov a bâti une communauté démocratique à la russe - représentative, selon la réalisatrice, de la société russe toute entière. Cette démocratie dirigée est en fait une tyrannie à peine masquée: le village est dirigé d'une main de fer par Morozov, qui interdit toute critique, voire toute opinion tout court. "La démocratie, ce n'est pas pour nous, c'est bon pour l'Ouest" - disent les habitants du village.







Est-ce le vrai reflet de la Russie d'aujourd'hui? Réponse mardi prochain... Si vous n'avez pas la possibilité d'être devant votre télé mardi soir, vous aurez encore une semaine pour voir ce documentaire gratuitement, sur le site de rattrapage d'Arte ici (j'en avais déjà parlé dans un post).

Update: voir la critique ici

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jeudi 4 octobre 2007

Le grand Quizz de culture G du mercredi!

Hier soir, une soirée (enfin !) originale – soirée Quizz Culture G au bar The Green Linnet ! Il s’agit d’un pub irlandais plutôt atypique, car il n’est pas stéréotypé « bière-match » mais propose une activité différente chaque soir : concerts, tournois de billard et un Quizz de culture générale tous les mercredis ! Le Quizz est fait par un monsieur irlandais qui doit se faire du souci pour notre niveau de culture ; le quizz est complètement bilingue français/anglais !!! J’adooore.

Le Grand prix : une bouteille de champagne.

Les équipes : une seule règle – pas plus de 6 personnes par équipe. Mieux vaut amener de bons copains (éventuellement dotés d’une intelligence supérieure à la normale), de préférence bons vivants.

Les règles : 6 tours, 5 questions dans les cinq premiers (10 points par question), 6 questions dans le 6ème. Lors d’un des cinq premiers tours, vous devez faire une estimation du bon nombre de réponses que vous avez, si vous devinez, vous doublez vos points ; sinon, on vous enlève le nombre de points dont vous avez sous/sur-estimé vos performances.

Les questions : alors là, ça va des questions simples « Quel est le pays qui n’a ni arme nucléaire ni homosexuels ? » aux questions bien ciblées (« Quelle partie du corps peut être frappée par la diverticulose ? » - ceux qui, par désespoir, voulaient répondre « les fesses » n’étaient pas loin de la vérité, car c’est le colon), de sport (« Qui a gagné la Coupe du monde de football féminin cette année ? »), de cinéma (« Pour quel film Susan Sarandon a gagné l’Oscar en 1995 ? »), d’histoire (« Quel pays a cessé d’exister le 3 octobre 1990 ? »), de musique (« Quel a été le premier single des Beatles au Royaume-Uni ? », « Quelles sont les notes de l’accord la-majeur ? »), de culture TV (« Quels sont les noms des deux frères de Prison Break ? »), de géographie (« Quels sont les pays qui ont une frontière avec l’Egypte ? », « Quelle est la capitale du Kosovo ? »), etc. etc. Vous pourrez enfin voir tous vos amis en action !!! Et surtout, n’oubliez pas le matheux du service : il pourra vous aider avec le problème mathématique lors du 6e tour !

Et les perdants ? Oh, mais noon, il n’y a pas de perdants (et oui, je sais qu’on a fini derniers hier !) Mais attention : à la fin, il y a un tirage au sort, et le gagnant a une tournée de bière ! Alors, ça a dû consoler les équipes « Hendy a un petit kiki » (la semaine dernière) et « Les foufounes électriques » hier. Vous voyez, l’ambiance vaut le détour. Vous ne pourrez pas battre les trois boutonneux aux lunettes en cul de bouteille de l’ENS, mais vous passerez un bon moment !

Faut-il y aller ? Mais oui, allez, constituer une bande y foncez-y ! C’est un excellent moyen de réunir des amis différents qui ne se connaissent pas et, au premier coup d’œil, n’ont pas grand-chose à se dire. L’esprit d’équipe les unira !!! Attention, il faut y être tôt pour avoir une table (entre 19h et 20h30) – en sachant qu’on vous permet d’aller au Pizza Hut de la rue d’à côté et emporter des pizzas, pourvu que vous commandiez des boissons.

Où ? The Green Linnet, 8 avenue Victoria 75004 (Métro Châtelet/Hôtel de Ville)

Quand ? Tous les mercredis, à partir de 21h30

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lundi 1 octobre 2007

Les Méduses de Etgar Keret

Cela fait tellement de temps que j'ai envie de voir Les Méduses (depuis le festival de Cannes, en fait, où je n'avais pas eu le temps de le voir...), que j'ai l'impression que j'en parle depuis des années! J'ai fini par le voir - un parfait film de vendredi soir (ça rend mon week-end encore plus beau)...

Les Méduses (Meduzot), le premier film d'Etgar Keret (un écrivain israélien assez connu) et Shira Geffen, a donc reçu La Caméra d'Or au festival de Cannes, le prix qui récompense le meilleur premier film parmi tous les films montrés à Cannes... C'est peu dire que c'est mérité.

J’ai envie de dire que nous tenons là un Lelouch israélien : le film raconte plusieurs histoires qui s’entrecroisent sans pour autant se toucher vraiment. Les Méduses, c’est plein de personnages attachants, vrais, un peu bizarres, un peu fous, qui, parfois, font d’un rien un drame, et qu’un rien peut faire rire. Comme nous. C’est Batya, fille perdue, qui travaille comme serveuse dans des réceptions de mariage, aux cheveux mal coiffés d’une fausse couronne, qui ne s’entend plus ni avec sa mère ni avec son père qui, à leur tour, ne s’entendent plus depuis longtemps. C’est aussi une photographe de mariage qui ne prend pas en photo les mariés souriants, mais une petite vieille abandonnée dans un coin, ou une petite fille qui grimpe pour toucher le gâteau : la petite fille aux cheveux mouillés qui va se baigner toute seule à la mer et qui ne dit mot… C’est une nouvelle mariée à la jambe cassée pour qui rien ne va plus. C’est une vieille dame irascible qui n’ose pas dire sa fierté et son amour à sa fille ; c’est une philippine qui vient dans pays si étranger (« Israël, ça n’existe pas ! – lui dit son fils au téléphone) pour pouvoir acheter à son fils le plus beau bateau du monde. C’est surtout l’histoire de nos souvenirs et de ce qu’ils deviennent quand on grandit.

Et c’est un vieux marchand de glace (joué par le père d’Etgar Keret), dont vos parents vous ont dit « il va revenir » et qui n’est jamais revenu, vous laissant une envie inassouvie. Les souvenirs ne meurent jamais… Et trente ans après, cette glace jamais obtenue, vous la voulez encore.

Les Méduses chante la beauté d’un monde ordinaire, la beauté des élans de cœur qui nous submergent parfois, malgré nous, la beauté d’une ville, la beauté d’une mer… L’image est sublime, avec un grain reposant pour l’œil lassé des images lisses du Hollywood. Les histoires s’entrecroisent sans encombre, sans faire fausse route, sans forcer la main à notre imagination (c’est bien là l’œuvre d’un écrivain). C’est un film qui respire, animé d’un souffle étrange, et qui vous porte dans une direction inconnue que vous savez douce.

Faut-il y aller ? Oui ! Sauf si vous n’aimez pas les films « bizarres » (encore, celui-ci n’est peut-être qu’un dixième aussi bizarre qu’un Gondry), bien sûr. Mais le film n’est ni « fleur bleue » ni tire-larmes. Il est tout simplement parfait.

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