Une Russe à New York: suite et fin | Une Russe à Paris
Une Russe à Paris

mardi 1 janvier 2008

Une Russe à New York: suite et fin

Et voilà, c'est la dernière heure de l'année 2007 ici, et vous, vous êtes déjà en train de dormir en 2008! Je pars de New York demain... Et je promets, c'est le dernier post sur New York, je vais retrouver mon parisianisme militant dès mercredi!

J'ai retrouvé ma petite liste de stéréotypes du début, et décide d'en finir! Résolution 2008 numéro 1: essayer de terminer ce qu'on a commencé...

Alors, me disait-on, "tout est moins cher aux USA". Clairement, ces gens-là n'ont pas été à New York. Evidemment, au début, on se laisse berner, on se dit "l'euro est tellement fort!" et on divise tout par deux. Après, on compte mieux, on ajoute la city tax et les pourboires obligatoires de 10%-15%, et on se reprend. En fait, pour la plupart des choses (sous-entendu "choses que je fais à Paris et sur lesquelles porte ce blog") sont aussi chères qu'à Paris. Et en plus, c'est sold-out des semaines en avance. Je n'ai trouvé que deux-trois choses qui y sont moins chères: les vêtements (je n'arrêterai pas de vanter les mérites de leurs discount stores comme le Century 21 déjà cité, qui m'a permis de faire pas moins de 3000 dollars "d'économies" ce matin même); les CD (par exemple, le même CD de Cecilia Bartoli (le dernier, "Maria"), coûte 14 dollars ici et 20 euros en France... On peut rajouter dans le tas des choses qu'on ne trouve pas à Paris (comme le cream cheese et les bagels) et qui sont donc moins chères ici. Pour tout le reste, prévenez votre banquier que vous allez à New York, sinon on risque de vous bloquer la carte pour une "unusual activity".

Contrairement à mon préjugé, il n'y a pas tellement de gratte-ciel à New York, seulement le quartier des bureaux downtown, et puis le Times Square. Ce sont des endroits où une personne saine d'esprit ne s'aventure qu'en cas d'extrême nécessité (e.g. Century 21 juste en face de Ground 0). "Il y a des Sarah Jessica Parker partout". Hum. Oui et non. Je ne l'ai pas vue en personne (you wish!), mais le parfum de Sex and the City survole certains quartiers... J'ai même failli prendre le tour sur les lieux de tournage de SATC (il paraît que ça vaut le coup, mais trouvez-vous une amie suffisamment sarcastique pour ne pas paraître désespérées) - sold out lui aussi des jours en avance. Ca fait quatre ans que des hordes de touristes font chier les habitants du quartier tous les jours en venant s'asseoir sur le "porch" de la maison de Carrie Bradshaw (66 Perry street pour les intéressées).

La ville ne s'arrête jamais - c'est tout à fait vrai, et j'adore ça! Je vous fais venir le vent de la droite, mais je trouve ça génial que le 1er janvier des magasins soient ouverts, que vous puissiez acheter une crème à raser à la pharmacie en bas de chez-vous à 10h du soir, et que des gens puissent inventer des soirées de réveillon aussi originales que "trois heures de silence, yoga, thé vert et cookies japonais dans un super spa" (jusqu'à 1h du matin le 31, donc). Et aussi, les gens marchent beaucoup. Les trottoirs sont trois fois plus larges qu'à Paris, et en plus, il fait beau! Les rues sont ainsi animées par un flot inenterrompu de personnes vaquant à leurs occupations new-yorkaises... Comme je pensais, ils boivent bien leur café en marchant. Mais ils apprécient encore plus se poser dans un café avec un livre, un journal ou un Mac, et le savourer sur place. En revanche, il y a très très peu de café dans leur café, c'est surtout du lait chaud!

Pour les cheesecakes, ils sont effectivement très bons (meilleurs qu'à Paris, moins bons qu'à Tel Aviv), mon préféré revient à Barney Greengrass (541 Amsterdam Ave).

Pour finir, mon dernier stéréotype: pour une raison quelconque, j'étais censée "adorer New York". Ce fut le cas.

I'm just taking a Greyhound on the Hudson River Line
'Cause I'm in a New York state of m-i-i-i-ind...

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My New York favorites:

Meilleur musée: le MOMA (vraiment excellent et très bien fait, contrairement au Met (où les collections sont assez fournies mais les salles sont un labyrinthe et un fourre-tout), au Guggenheim, ou encore à Whitner, où la tradition est d'enlever 90% des collections permanentes (réputées dans le monde entier) pour y disposer une expo (parfois) à la con.)

Meilleur spectacle de danse: American Ballet Theatre (la companie de Alvin Alley): danse contemporaine, chorégraphies intéressantes et danseurs excellents. Ne ratez pas "Revelations", un grand classique de la troupe. La salle est hystérique. En revanche pour le New York City Ballet (celui de Balanchine), vérifiez bien avant d'y aller. Dans Casse-Noisette, Balanchine a enlevé 80% de la chorégraphie et en a fait un spectacle pour enfants. Alors, les adultes s'ennuient ferme!

Meilleur opéra: le Met, hors concurrence, malgré les mises en scène parfois poussiéreuses. La distribution est en générale meilleure qu'à Paris. Si vous vous y êtes pris en retard et/ou vous n'avez pas beaucoup d'argent, essayez les "standing seats" - des places debout sont vendues à 10h le jour même du spectacle. 20 dollars en bas, 15 dollars en haut. On voit parfaitement bien.

Meilleur club de jazz: probablement le Vanguard Village ou le Blue Note, les deux sont des institutions historiques. Le service est un peu "get in and get out" (en gros, le set dure 1h15 et il faut dégager très vite car les suivants font déjà la grue devant la porte d'entrée). 35 dollars avec une boisson.

Meilleur quartier pour une promenade: Greenwich village ax aequo avec East village. Je suis très village, moi, surtout quand c'est dans une ville. Des petites (3-5 étages) maisons de briques adorables, des fire-escapes, des petits jardins, et des vieilles boutiques.

Meilleur magasin: vous l'aurez compris, Century 21. Et aussi, les boutiques du MOMA et du Museum of Arts and Design (juste en face), pour des cadeaux originaux.

Meilleur guide: le Time Out New York pour les sorties (ne sortez pas sans!), et le Zagatt pour les restaurants (ne sortez pas sans!). Si quelqu'un peut m'expliquer pourquoi le Time Out n'existe pas à Paris, je suis toute ouïe! Pour un guide en chair et en os, choisissez les Big Onion tours (les tours organisés par le célèbre journal homonyme): c'est uniquement en anglais, uniquement à pied, et ça vaut vraiment le coup. Les guides sont en général des étudiants en thèse (la mienne était en thèse à Stanford, c'est dire), et vous racontent plein de choses passionnantes de l'histoire du quartier. 15 dollars, 10 pour les étudiants.

Meilleure musique pour votre baladeur (profitez-en pour ramener un Ipod): Américain à Paris de Gershwin et, bien sûr, New York state of mind de Billy Joel.