Paris de Cédric Klapisch | Une Russe à Paris
Une Russe à Paris

dimanche 24 février 2008

Paris de Cédric Klapisch

Paris... Tout le monde en parle, les critiques sont partagés, ils sont dubitatifs, ils font la moue... et le public est quand même au rendez-vous pour ce dernier film de Cédric Klapisch. Dans ce film choral, une ode à Paris, Klapisch ne se contente pas de raconter une histoire, mais nous demande de jeter un coup d'œil dans un kaléidoscope où se croisent, s'entrechoquent, se métamorphosent des milliers de petits destins.

L'histoire. Une myriade de personnages virevolte autour de deux histoires centrales. D'une part, celle de Pierre, danseur au coeur malade (Romain Duris, très juste, dans un rôle proche de celui qu'il a joué dans "Dans Paris" de Christophe Honoré) et de sa sœur Elise, une assistante sociale paumée (Juliette Binoche très complice de Duris, et dont le striptease improvisé plein de candeur est le plus charmant qu'on ait vu). D'autre part, celle de Roland Verneuil, professeur d'histoire de Paris à la fac amoureux et dépressif (Fabrice Luchini réjouissant) et Laetitia, son étudiante (Mélanie Laurent à la froideur incandescente).

On peut énumérer sans cesse les personnages cocasses (comme la boulangère de Karin Viard) et les scènes réussies (le "texto" de Fabrice Luchini), mais un seul personnage de ce film mérite qu'on en parle vraiment - Paris. C'est étrange comment le 11e arrondissement attire les réalisateurs ces derniers temps (je pense notamment à Christophe Honoré, parmi d'autres). J'ai même l'impression qu'il est meilleur sur l'écran! Mais quel que soit l'arrondissement où l'on vit, on partage tous le ciel parisien (pour peu qu'on ait la chance d'habiter en hauteur ou qu'on passe tout simplement au-dessus de la Seine dans le métro aérien). Ce sentiment d'union que l'on ne ressent pas toujours voire jamais, Klapisch parvient à le créer entre ses personnages et à le transmettre au public. La photographie magnifique de Christophe Beaucarne n'y est pas pour rien. C'est un Paris où l'on a envie de vivre (dans les deux sens de la phrase), Paris qu'on voit évoluer au fil des saisons sous l'œil observateur de Romain Duris.




Au final, la multiplication de personnages ne m'a pas tant dérangée, car, comme le personnage de Romain Duris, je me pose souvent la question "Que sont ces gens qui passent dans la rue? A quoi ils pensent? De quoi ont-ils l'air au lever? Que vont-ils devenir dans quelques années? Comment était cet SDF quand il était petit et avait encore une famille?" Je pense qu'il n'est pas nécessaire d'être aussi prise de tête que moi au quotidien pour pouvoir apprécier ce film poétique, drôle, parfois un brin répétitif (mais peut-on se lasser de Paris?), dont la bande son vous plonge dès le début dans une mini-euphorie parisienne (j'émettrai juste une réserve quant au choix du leitmotiv pour le film, la Gnosienne N1 d'Eric Satie que je n'ai jamais trouvé génial).

Faut-il voir ce film? A voir au cinéma, si vous aimez Paris, si vous aimez Klapisch, si vous aimez Romain Duris, Juliette Binoche ou Fabrice Luchini. Vous voyez, il y a beaucoup de chances que vous vous retrouviez parmi les spectateurs!

Et, à défaut de voir le film, écoutez la bande originale, parfaite pour une balade à Paris! (tracklist sur le lien à gauche).