lundi 27 avril 2009

(Resto) Un brunch chez Mariage Frères... luxe, calme et gourmandise!

C'est lundi, et je suis toujours d'humeur à bruncher, c'est dire que je n'ai pas fait le deuil du week-end. Ou peut-être parce que, en temps de pluie, on a toujours envie de quelque chose de doux? Or, bien que j'aie écumé plusieurs expos (dont la dernière, Oublier Rodin, n'était pas mal du tout) et films (ne ratez surtout par Dans la brume électrique), ce n'est pas là que je retrouverai la sensation que procurent les merveilleux scones de chez Mariage Frères. Oui, enfin! Enfin, j'en parle. Depuis tant de temps, je mentionne Mariage Frères comme une sorte d'étalon - que ce soit pour leurs thés, leurs scones, leurs œufs brouillés, leurs costumes en lin... et jamais je ne leur ai consacré de billet. Que justice soit faite à Mariage Frères, car il n'est point de meilleur brunch à Paris.

Comme le site de Mariage Frères est fait entièrement en flash, vous ne trouverez jamais leur menu en passant par Google, donc je vous en mets une copie ici (menu brunch Mariage Frères Etoile - le seul que j'aie essayé).


© Mariage Frères


Les seuls que je vous conseille vraiment, c'est le Classique et le Zen icône - les autres sont tellement raffinés que l'estomac endimanché les perçoit tout simplement comme déplacés (le jour où j'ai essayé un tartare de saumon, je crois, aaaaaah).
Le sentiment très agréable que personne n'essaye de vous avoir: le jus d'orange est une vraie orange pressée, pas de concentré, pas d'eau, le beurre, les confitures, le thé sont des champions ou, au moins, des diplômés chacun dans sa catégorie. Les scones, avec du beurre qui fond dessus, j'ai bien l'impression de n'avoir jamais mangé quelque chose d'aussi bon!

Pour ce qui est des pâtisseries du chariot colonial, en général, on est rassassié avant de les choisir... dans ce cas, choisissez-en une que vous pourrez prendre à emporter! (demandez de l'aide au serveur, il vous indiquera quels desserts peuvent être emportés, ils n'ont pas de contenants pour chacun d'entre eux).

Le brunch chez Mariage Frères est aussi une occasion pour goûter de nouveaux thés - que vous aurez le loisir de choisir dans le livre des thés apporté avec le menu. Si vous hésitez, demandez au serveur, ils sont généralement de bon conseil. Pour ma part, voici mes préférés : dans les verts, Un Thé à l’Opéra ; dans les rouges, Marco Polo et Un Thé au Sahara, dans les noirs, le Earl Grey French Blue et le Russian Breakfast.

Enfin, pour ceux qui ne connaissent pas Mariage Frères, l'ambiance sera "un peu surfaite" pour certains, "délicieusement surannée" pour d'autres: tout, du décor aux costumes en lin des serveurs, est fait dans le style colonial. Il n'y a pas un bruit, juste un peu de musique (souvent de l'opéra), des éclats de voix et le tintement des cuillères. Et - last but not least - je n'ai jamais eu de problème pour avoir de la place, il y en a toujours - peut-être parce que le salon de thé de l'Etoile est moins connu des parisiens. A comparer à la queue de quinze personnes devant le Loir dans la théière... Corrigez-moi si je me trompe, mais je crois que le Mariage Frères du Marais est tout aussi prisé, à éviter donc, surtout le dimanche.

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mardi 21 avril 2009

Youri Boychenko, le candidat de l’ombre de la diplomatie russe

Qui est Youri Boychenko ? Ce nom ne vous disait rien il y a encore trois jours. Aujourd’hui, les médias européens chantent les louanges de ce diplomate russe sorti de l’ombre en février dernier, lorsque, au bout de trois ans de travaux préparatoires, le Durban II s’était trouvé au pied du mur. Boychenko endosse alors le rôle de « facilitateur » - alors que personne n’y croit.

Lui-même justifie sa décision par la volonté de « montrer qu’un diplomate cela peut encore servir à quelque chose » et ajoute qu’il le fait aussi « pour le fun ». « Pour le fun », voici une expression que l’on n’attendait pas d’un diplomate russe « formé au KGB »* et qui devrait être doté, comme tout diplomate russe, d’une langue de bois aussi rigide que ses positions.

En un mois, il « nettoie » le texte à l’aide d’une Belge, d’un Norvégien et d’un Egyptien et en présente un projet finalement acceptable pour tout le monde. «N’est ce pas magnifique de voir la Russie porter à bout de bras une conférence sur les droits de l’homme ?»,souligne-t-il avec humour à Marc Semo, l’envoyé spécial du Libé. Celui-ci ne lésine pas sur les compliments : « Ce grand brun au sourire charmeur est le sauveur de Durban II ».**

Les droits de l’homme ne sont guère le point fort de la Russie actuelle, et pourtant, ce « numéro deux à l’ambassade russe » se spécialise justement là-dedans.Diplômé de la faculté de Droit international de MGIMO (la célèbre école de relations internationale, l’établissement le plus prestigieux de Russie), il travaille dès 1989 au Département de Coopération humanitaire et des droits de l’homme du Ministère des Affaires Etrangères de Russie, participe pendant plus de dix ans à la commission des Nations Unies pour les Droits de l’homme, collabore à l’élaboration de la Déclaration des droits des peuples indigènes. Premier secrétaire de la mission permanente de Russie à l’ONU.

A quoi est dû ce succès inespéré obtenu par Boychenko ? Selon certains, son grand atout fut avant tout le fait d’être russe… car il n’appartenait à aucun des blocs qui s’étaient formés lors des négociations (i.e. les pays musulmans modérés, ceux non-modérés, les pays africains, les pays européens appelant à boycotter, etc.) – de plus, en tant que russe, il ne pouvait être suspecté de soutenir la position américaine. Mais encore ? Est-ce un signe de « dégel » de la diplomatie russe qui, pour une fois, se dévoue pour sauver un projet qui ne la vise pas directement ? Est-ce un signe qu’un nouveau type de diplomates est enfin apparu en Russie et qu’il peut être « exporté » avec succès dans les institutions internationales ? On dit que Boychenko lorgne du côté des organisations internationales de Genève… Aujourd’hui, ses recherches ont toutes les chances d’aboutir.

PS : à ce sujet, comment traduiriez-vous l’excellente expression anglaise « dark horse » ? (i.e. le candidat « de l’ombre » sur lequel personne ne misait mais qui finit par gagner la course, employé pour les chevaux et les candidats politiques).
PPS : ce succès ne change bien sûr rien au discours calamiteux prononcé par le président iranien dont je ne parle pas ici car c’est hors sujet.

* Greta Chevrier dans le blog de Malka Marcovitch
**Libération, 20 avril 2009

Illustration: (c) www.hoover.org

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lundi 20 avril 2009

(Resto) Un brunch aux Editeurs

Une amie new-yorkaise - parisienne depuis un an - ne cessait de s'étonner devant les brunchs parisiens. Au "Loir dans la théière": "Comment, des tartes pour le brunch?" Chez Ladurée: "Comment, un dessert pour terminer???" En effet, le brunch en France est une forme hybride qui n'a plus rien à voir avec l'original à part l'heure à laquelle il est consommé. Contrairement aux idées préconçues, le brunch n'est pas une contraction du petit-déjeuner et du déjeuner (cela n'est vrai que du point de vue linguistique): on ne peut donc pas servir des viennoiseries avec du jus d'orange, et puis un plat salé suivi d'un dessert. Même les Américains trouvent que c'est trop, et c'est une nation qui fabrique des croissants trois fois plus gros qu'ici. D'habitude, il est vrai, le brunch à Paris est trop copieux, trop sucré - vous sortez de la table à quatre pattes et rampez faire une sieste de quatre heures.

Confuse pour la gastronomie nationale, je me suis donc lancée à la recherche d'un bon brunch à Paris. De celui chez Mariage Frères, incontestablement le plus raffiné (mais un tartare de saumon pour brunch?), à celui de Ladurée (vraiment trop copieux et trop sucré), de celui au Réservoir (tout simplement pas bon) à celui chez Marcab, étonnant (du poulet tandoori pour brunch?), la recherche fut laborieuse mais ponctuée de bonnes trouvailles gourmandes.


Les Editeurs est une institution du 6e arrondissement: à deux pas des foules qui font la queue pour voir Ponyo sur la falaise se trouve un havre de paix et de littérature. Ambiance feutrée, étagères de livres, deux étages de conversations à demi-ton, de lumière tamisée digne d'une bibliothèque du siècle dernier... Que ne faut-il pour se sentir un homme de lettres? Mais revenons-en au brunch!

Menu: boisson chaude au choix, "corbeille du boulanger" (viennoiserie, pain baguette, pain de campagne bio, pain de mie toasté, beurre,confiture), jus de fruits frais pressés, œufs brouillés&petite salade de saumon mariné, fromage blanc au miel & sésame, salade de fruits frais. Prix: 25€. Les œufs brouillés sont délicieux (même s'ils ne valent pas ceux de chez Mariage Frères), la salade, bonne et fraîche (on a un peu de mal à la mélanger dans le bol, mais ne chipotons pas), et le meilleur, c'est le fromage blanc, absolument exquis. Ce n'est sans doute pas le "vrai" brunch américain, mais c'est une honnête variante française qui se défend! On sort rassasié mais encore capable de marcher; le fromage blanc et la salade de fruits sont une parfaite alternative au dessert (qui serait vraiment de trop vu les viennoiseries).

Verdict: un brunch de grande qualité, un service sympathique et irréprochable, un quartier fait pour vos dimanches... Que demander de plus?
Si, néanmoins, vous êtes encore à la recherche d'un vrai brunch américain, il y a trois endroits où vous pourrez peut-être l'obtenir (et qu'il me reste à tester):


Le Coffee Parisien  (4, rue Princesse, Paris 6ème. Métro Mabillon) où vous pourrez goûter le bagel au cream cheese avec du lox (une sorte de saumon fumé);
Laura Todd  (81 avenue de Breteuil Paris 15ème, métro Ecole Militaire ou Cambronne) - pour un brunch 100% bio;
Breakfast in America  (4 rue Malher, Paris 4ème et 17 rue des Ecoles, Paris 5ème) avec un bon choix d'oeufs et des pancakes.

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mercredi 15 avril 2009

(Photo) Anna Kharina, ou comment écouter une photo?

Anna Kharina est la reine des textures, du rugueux et du soyeux, du flou et du net, du rêche, du doux, du lisse, du vaporeux... Sur ses photos, au-delà de la perfection des lignes (regardez ce menton qu'aucune miss monde préfabriquée ne puisse atteindre) et de la dynamique des éléments, on est envahi par un vif sentiment du monde réel. N'avez-vous pas l'impression de toucher cette natte, de sentir le crissement des cheveux sous les doigts, de sentir un vent léger qui refroidit ce visage...

Curieusement pour des photographies, celles d'Anna Kharina exploitent le toucher et l'ouïe avant presque que le regard se pose sur le cliché. D'ailleurs, la composition même de la photo - la main, les yeux fermés nous l'indiquent: "Entendez-vous? Ecoutez..." semble nous dire la jeune fille. Et - sa bouche est entrouverte (contrairement au fameux trio des singes de la sagesse): "J'entends, je sens et je le dis".


Voici une autre photo sur le même thème, en couleur cette fois-ci: le travail sur le grain de la peau est absolument remarquable, relevé par le reflet humide des lèvres: une pétale de rose dans un bol de lait (cliquez dessus pour voir la photo en grand).Va-t-elle sourire?

Adepte du moyen format, Anna Kharina trouve toujours un cadrage parfait pour remplir de sens ce petit carré 6x6cm que la pellicule lui laisse pour exprimer une idée.Que ce soit en noir et blanc ou en couleur, ses photos sont des aimants pour le regard: tantôt le regard se fixe sur un détail savamment mis en avant, tantôt il se perd dans un horizon non moins savamment orchestré, comme sur cette photo-ci:

La Mer d'Azov, Taganrog. Lorsqu'on vous dit "mer", on pense "bleu", "vagues", "vent", "sable"... Loin des clichés, c'est une route vers "la vie en rose" qu'Anna Kharina met en scène, en rendant admirablement la nuance que prend la neige lorsque le soleil matinal se pose dessus en hiver.

Tous ceux qui ont fait leurs études en France ont déjà entendu la fameuse phrase sur les eskimos qui ont 33 (ou plus?) mots différents pour dire "neige". Il y en a certainement beaucoup moins en russe (dix? quinze?), mais cela reste d'une richesse inouïe pour l'oeil et l'oreille des français qui ne voient la neige qu'une semaine par an. Ici, étrangement, cette mer d'Azov me fait penser à la "route de la vie" sur le lac de Ladoga enneigé qui avait sauvé tant de vies pendant le blocus de Leningrad (à ce sujet, lisez La vie d'un homme inconnu d'Andreï Makine) - ça doit être l'influence de mes lectures du moment.


Je garde ma photo préférée pour la fin: elle va sans doute vous surprendre. A la frontière entre le noir et blanc et la couleur, l'objet et le non-objet, ce n'est qu'une nature morte... Un verre de lait sur un rebord de fenêtre, quoi de plus simple? Mais essayez de le prendre en photo - comment rendre la photo intéressante? Comment rendre le goût du lait dans une photo? Comment évoquer cette enfance où le lait avait du goût et les verres, des facettes? Où le rebord de fenêtre était un endroit où bouquiner et observer la vie dans la cour? Anna Kharina sait le faire. Et pour cela, je ne peux que l'admirer.

Pour en savoir plus: voir la galerie d'Anna Kharina sur Flickr.

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mardi 14 avril 2009

(Ciné) Voyons les bons films et parlons-en! Ou de l'avantage de tomber nez à nez avec Humphrey Bogart rue Christine

Hier soir fut une parfaite soirée de printemps: dans le sixième arrondissement, les terrasses furent remplies de gens, les petits orchestres jouaient aux coins des rues, les enfants dansaient... C'est fou ce que le beau temps et un lundi férié peuvent faire aux Parisiens! En se baladant dans Paris, nous sommes passés rue Christine, où une affiche attira notre regard: Humphrey Bogart dans "Bas les masques". La séance commençait à 20h, il était 20h05, et, parmi les nouveaux films, il n'y avait rien à voir (à Odéon, les gens faisaient la queue pour "Ponyo sur la falaise"). Ce fut parfait.

Et bien... ils savaient filmer à l'époque. Bas les masques (ou, en version originale, Deadline U.S.A.) fut ma meilleure soirée ciné depuis le début de l'année! Une histoire d'un rédacteur en chef qui tente de trouver des preuves contre le mafieux Rienzi et de sauver ainsi son journal, menacé de vente à un concurrent. Une histoire - entre journalistes, avocats et mafieux - qui tient toujours, des dialogues aiguisés comme la lame d'un couteau, un rythme parfait, des acteurs formidables, et puis, bien sûr, cette ambiance noir et blanc "rédaction du journal où l'on fume et où ça jase" qui, semble-t-il, rend tout film particulier.
Ne nous leurrons pas - tous les films ne sont pas particuliers, et il est même certain que l'on tournait autant de mauvais films en 1953 qu'en 2009. Et pourtant, le temps a fait son travail, et si, aujourd'hui, ces films font encore salle (presque) pleine, c'est que ce sont des chefs-d'oeuvre.

Tout ceci pour vous dire que:

1) du 15 avril au 5 mai il y a un cycle "Les fascinantes partenaires d'Humphrey Bogart" (personnellement, je le trouve bien plus passionnant que sa partenaire dans Bas les masques, mais de gustibus...): ne ratez pas Bas les Masques (jusqu'à mercredi, puis le 15, 20 avril et le 1er mai) et, bien sûr, Casablanca le 26.
Séances 14-16-18-20-22h, film 10 minutes après. Tous les films sont en V.O. sous-titrée

2) du 22 avril au 12 mai il y a un cycle George Cukor (je verrais bien The Philadelphia Story avec Cary Grant et Katherine Hepburn). VOSTF

3) qu'il faut arrêter de payer 10 euros pour les films médiocres que l'on voit juste parce que "on en parle": voyons les bons films et parlons-en!

4) et après, vous pouvez faire un tour à l'Entrecôte ou à Au pied du fouet (rue Saint-Benoît), ou prendre une glace chez Amorino.


Site: http://www.actioncinemas.com/

Enfin, voici les gagnants du grand vote pour le prochain post:

1) Anna Kharina, une nouvelle découverte photo
2) Un brunch aux Editeurs
3) 84, Charing Cross Road, de Helen Hanff

Ainsi sera-t-il!

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mercredi 8 avril 2009

De l'art de la relance


Je sais, je sais, j’ai un peu disparu de la circulation, mais j’ai beaucoup de travail, je suis un peu malade et j’ai l’air d’un hamster albinos – une seule de ces raisons aurait suffi pour me détourner du blog… Mais la première est plutôt une bonne chose!

J’ai vu pas mal de choses ces derniers temps – l’expo Controverses (pas mal, mais vraiment trop de monde !), l’expo Le siècle du Jazz (sympathique, mais il faut déjà connaître l’histoire du jazz avant d’y aller, parce qu’il n’y a presque pas d’explications, et celles qui existent ne sont guère informatives) ; j’ai vu la pièce tant saluée (« Triomphe ! Prolongations ! ») « Faisons un rêve » de Sacha Guitry, au Théâtre Edouard VII (vraiment pas terrible, pas fin, le metteur en scène se repose sur ses acteurs et tout tombe à plat, les trois surjouent… Rien à voir avec la délicatesse de « Ton père avait raison » !)

Et puis j’ai aussi fait des relances… Ah, les relances, tout le monde déteste en faire, et c’est le lot de tous les stagiaires… et des professions libérales, bien sûr :-) Mais, à l'heure où les plus grands de ce monde (aka G20) se mettent à la relance, on peut tout à fait retrousser les manches et faire pareil! La seule chose qui nous manque, c'est la bonne attitude!

Prenons un pêcheur. Impassible, il est assis au bord d’un lac, il a préparé différentes amorces, en fonction des poissons qu’il veut attrapé, a lancé plusieurs lignes, et il attend qu’un poisson morde à l’hameçon. Même chose pour un journaliste, qui a lancé plusieurs pistes avec, pour amorce, de merveilleuses idées d’articles… Ils attendent. Parfois, on arrive trop tard dans la matinée, et les poissons ont déjà mangé… Mais parfois…

Et voilà, enfin, l’eau se couvre de cercles, frétille – ça y est ! Mais avez-vous déjà vu un poisson mordre, contracter ses muscles, sortir de l’eau en une sorte de plongeon inversé (parlez de contre-plongée !), voler quelques mètres et atterrir directement dans le seau du pêcheur ? Du jamais-vu. Même dans le http://www.artrusse.ca/Contes/Emelya.htm conte « De par la volonté de Messire Brochet » !!! Donc, le poisson mord, et reste planté là, attendant que l’on fasse quelque chose. C’est là que, idéalement, on devrait décrocher le combiné et passer au poisson un petit coup de fil (« Oui, bonjour, c’est machin, je reprends contact avec vous… ») et hop ! tirer la ligne vers soi. Et puis parfois, on tire, on voit le poisson s’approcher, il s’approche, il s’approche, et puis paf ! retombe dans l’eau. Dans la pêche, un petit poisson blessé peut attirer de gros poissons qui y verront une amorce. Dans la vraie vie des relances, ça ne se passe pas vraiment comme ça… Les comparaisons grandeur nature ont des limites:-)

Il n’empêche que maintenant j’essaye d’imaginer mes relances en pêcheur aux plusieurs lignes, qui doit sans relâche en remonter une, vérifier que l’amorce est encore là, bien fraîche, en remettre, lancer d’autres lignes, tirer, mettre dans le seau et puis – de temps en temps – courir dans la cuisine pour cuisiner :-)

Allez, j’ai du pain sur ma planche !

PS : au fait, voici toutes les idées de billets que j’ai en retard, comme je n’ai pas le temps de tout faire, et comme je caresse encore l’idée que vous avez envie de me lire, je vous propose de choisir vous-mêmes les trois billets que je ferai – sans faute ! – la semaine prochaine. Messieurs les députés, à vos boutons de vote !



Illustrations: 1) dessin de Margarita Zhuravleva pour "De par la volonté du brochet"; 2) Au bas mot, Obama!

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jeudi 2 avril 2009

(Opéra) Nouvelle saison à l'Opéra de Paris: je fais mon marché

"Les plaisirs les plus vrais sont sérieux" dixit Nicolas Joël en présentant sa première saison à l'Opéra de Paris (2009-2010). Débuts prometteurs, rien qu'avec l'image choisie comme emblème de la saison: un plan de Fanny et Alexandre de Bergman (non, je n'ai pas une culture d'enfer, c'est marqué sur le site) que j'ai tout de suite eu envie de voir. Si l'on ose une analyse de l'image plus poussée (ah, les cours de sémiologie, ça laisse toujours des traces!), on pourrait trouver ici, entre autres, le retour du spectateur au centre (il choisit ce qu'il veut voir, et le spectateur a clairement dit que trois Janacek par an, c'était trop), le retour de la mise en scène avec de vrais décors et costumes (la grande spécialité de Nicolas Joël en tant que metteur en scène, c'est une certaine luxure)... Un plaisir sérieux, donc, mais enfin un plaisir et plus un effort pour "fermer les yeux" sur une mise en scène ou un chanteur mal choisis. Je vous livre une petite sélecion des spectacles à voir l'année prochaine... à réserver dès maintenant pour les abonnés!

Pour les curieux, voici la scène de Fanny et Alexandre dont est tirée l'image:

--Fanny et Alexandre/vidéo--
--

Opéras :


Je flashe pour :

Mireille de Charles Gounod, une nouvelle production (mise en scène de Nicolas Joël, donc une « vraie » mise en scène, pas des chanteurs qui déambulent dans un cube gris pendant quatre heures), avec que des chanteurs que j’adore : Amel Brahim-Djelloul, Anne-Catherine Gillet, Inva Mula (qui devrait être parfaite dans ce répertoire), Nicolas Cavallier (je l’ai longtemps entendu dans des opéras de province et suis très contente de le retrouver à Garnier), Sébastien Droy et Franck Ferrari, ainsi que Sylvie Brunet dont on m’a dit beaucoup de bien mais que je n’ai jamais entendue sur scène.

L’Elixir d’amour de Donizetti avec, enfin, Anna Netrebko dans un rôle qui lui va comme un gant (enfin, peut-être pas comme un gant, il y a quand même des vocalises, mais c'est toujours mieux que La Traviata ou Lucia di Lammermoor qu’elle persiste à chanter). La production est drôle et réussie, et c’est LA production à choisir si vous voulez faire découvrir l’opéra à un ami.

Platée de Rameau : une production que je pourrais revoir des dizaines de fois et dont j’ai déjà parlé ici. Je l’avais vue avec Paul Agnew qui fut excellent. Quid de Jean-Paul Fouchécourt ?

Idomeneo : la distribution doit être vraiment géniale pour que je ne m’ennuie pas (et dire que je l’avais vu avec Kobie van Rensburg, je place vraiment la barre très haut) et… elle l’est ! ENFIN Anna Netrebko dans du Mozart, qui est probablement le seul compositeur qu’elle devrait chanter. Vesselina Kasarova, géniale ! Charles Workman, formidable ! Rolando Villazon est un parfait Nemorino, vocalement et scéniquement, mais il faudra voir la forme dans laquelle il se trouvera à ce moment-là.

La Dame du Lac de Rossini. Un grand événement, première représentation à l’Opéra de Paris, nouvelle production (évidemment), Joyce di Donato et Juan Diego Florez… Je n’ai entendu La Donna del Lago qu’en disque, et j’ai hâte de la découvrir sur scène.

Pourquoi pas


Le Barbier de Séville. Les plus : une super mise en scène . Les moins : une distribution pas mirobolante et un spectacle qui affichera complet le jour de l’ouverture des caisses. Peut-être en répétition générale…

La Ville Morte de Korngold. Une nouvelle production, dirigée par Pinchas Steinberg. « une volupté poétique et morbide », dixit le programme… Ah bon.

Werther de Massenet, avec, encore une fois, Anne-Catherine Gillet. Une nouvelle production de Benoît Jacquot.

Billy Budd de Britten. Tout simplement parce que j’aime cet opéra et n’ai pas souvent l’occasion de l’entendre.

Andréa Chénier. Je ne suis pas fan de cet opéra, mais c’est une nouvelle production, et puis bon, pourquoi pas. On peut toujours changer d’avis.

J’hésite pour :


La Somnambule de Bellini, une nouvelle production avec Nathalie Dessay. C’est un peu comme avouer aimer la chanson qui occupe la première place du hit parade. Too obvious. Trop grand public. Mais, bien sûr, si l’opéra était gratuit, je serais au premier rang. Il ne l'est pas...

Je passerai mon chemin sur :

Don Carlo (j’ai déjà vu cette production et, même si Sondra Radvanovsky est toujours de la partie, je crois que je ne survivrai pas si je vois cette mise en scène encore une fois).

Aucun des Wagner – ce n’est juste pas pour moi, du moins pour l’instant.

Faust, de Philippe Fénélon – idem !

Les Contes d’Hoffmann – parce que je le connais par cœur, et que je ne suis pas convaincue par la distribution (en fait, je ne vais pas voir les spectacles avec Béatrice Uria-Monzon).

La petite renarde rusée, qui ne m’avait pas convaincu cette année.

Concerts et récitals

Ne ratez pas celui de Simon Keenlyside, le 12 février 2010.

Atelier Lyrique

A l’Atelier Lyrique, la programmation devient de plus en plus innovante, avec, notamment, la création française de l’opérette Mirandolina de Bohuslav Martin (d’après La Locandiera de Goldoni), dont je viens de lire, chez Youri Tchirkov, qu’elle fut interprétée dans les théâtres des camps de travail soviétiques. Les Troqueurs (1753) d’Antoine d’Auvergne est un opéra bouffon, la réponse des Français à l’opéra bouffe italien, composé en quinze jours d’après une fable de La Fontaine.


Danse

Je craque pour :

Millepied/Paul/McGregor (j’adore ce que fait Benjamin Millepied dont je vous ai parlé ici).

Ballets Russes Massine/Fokine/Nijinsky (je vous ai déjà parlé de ma passion pour les Ballets Russes ici et ).

La Dame aux camélias de John Neumeier. L’une des plus fortes impressions qu’un ballet ait jamais produit sur moi.

Siddharta, une création d’Angelin Preljocaj.

Kaguyahime, entrée au répertoire/nouvelle production de Jiri Kylian (que j’adore).

Et puis, Giselle et Casse-Noisette en fonction des distributions. (Casse-Noisette avec Dorothée Gilbert, je fonce !)

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