De l'art de la relance | Une Russe à Paris
Une Russe à Paris

mercredi 8 avril 2009

De l'art de la relance


Je sais, je sais, j’ai un peu disparu de la circulation, mais j’ai beaucoup de travail, je suis un peu malade et j’ai l’air d’un hamster albinos – une seule de ces raisons aurait suffi pour me détourner du blog… Mais la première est plutôt une bonne chose!

J’ai vu pas mal de choses ces derniers temps – l’expo Controverses (pas mal, mais vraiment trop de monde !), l’expo Le siècle du Jazz (sympathique, mais il faut déjà connaître l’histoire du jazz avant d’y aller, parce qu’il n’y a presque pas d’explications, et celles qui existent ne sont guère informatives) ; j’ai vu la pièce tant saluée (« Triomphe ! Prolongations ! ») « Faisons un rêve » de Sacha Guitry, au Théâtre Edouard VII (vraiment pas terrible, pas fin, le metteur en scène se repose sur ses acteurs et tout tombe à plat, les trois surjouent… Rien à voir avec la délicatesse de « Ton père avait raison » !)

Et puis j’ai aussi fait des relances… Ah, les relances, tout le monde déteste en faire, et c’est le lot de tous les stagiaires… et des professions libérales, bien sûr :-) Mais, à l'heure où les plus grands de ce monde (aka G20) se mettent à la relance, on peut tout à fait retrousser les manches et faire pareil! La seule chose qui nous manque, c'est la bonne attitude!

Prenons un pêcheur. Impassible, il est assis au bord d’un lac, il a préparé différentes amorces, en fonction des poissons qu’il veut attrapé, a lancé plusieurs lignes, et il attend qu’un poisson morde à l’hameçon. Même chose pour un journaliste, qui a lancé plusieurs pistes avec, pour amorce, de merveilleuses idées d’articles… Ils attendent. Parfois, on arrive trop tard dans la matinée, et les poissons ont déjà mangé… Mais parfois…

Et voilà, enfin, l’eau se couvre de cercles, frétille – ça y est ! Mais avez-vous déjà vu un poisson mordre, contracter ses muscles, sortir de l’eau en une sorte de plongeon inversé (parlez de contre-plongée !), voler quelques mètres et atterrir directement dans le seau du pêcheur ? Du jamais-vu. Même dans le http://www.artrusse.ca/Contes/Emelya.htm conte « De par la volonté de Messire Brochet » !!! Donc, le poisson mord, et reste planté là, attendant que l’on fasse quelque chose. C’est là que, idéalement, on devrait décrocher le combiné et passer au poisson un petit coup de fil (« Oui, bonjour, c’est machin, je reprends contact avec vous… ») et hop ! tirer la ligne vers soi. Et puis parfois, on tire, on voit le poisson s’approcher, il s’approche, il s’approche, et puis paf ! retombe dans l’eau. Dans la pêche, un petit poisson blessé peut attirer de gros poissons qui y verront une amorce. Dans la vraie vie des relances, ça ne se passe pas vraiment comme ça… Les comparaisons grandeur nature ont des limites:-)

Il n’empêche que maintenant j’essaye d’imaginer mes relances en pêcheur aux plusieurs lignes, qui doit sans relâche en remonter une, vérifier que l’amorce est encore là, bien fraîche, en remettre, lancer d’autres lignes, tirer, mettre dans le seau et puis – de temps en temps – courir dans la cuisine pour cuisiner :-)

Allez, j’ai du pain sur ma planche !

PS : au fait, voici toutes les idées de billets que j’ai en retard, comme je n’ai pas le temps de tout faire, et comme je caresse encore l’idée que vous avez envie de me lire, je vous propose de choisir vous-mêmes les trois billets que je ferai – sans faute ! – la semaine prochaine. Messieurs les députés, à vos boutons de vote !



Illustrations: 1) dessin de Margarita Zhuravleva pour "De par la volonté du brochet"; 2) Au bas mot, Obama!