Le studio de Mikhail Zhukov au troisième étage d’un immeuble de la rue de Bretagne, dans le Marais, ressemble à un chantier permanent et organisé. Des toiles retournées s’alignent le long des murs. Des catalogues d’exposition en russe et en français s’empilent sur une table basse encombrée de tasses à café. Une liste manuscrite en cyrillique est épinglée à la porte — les noms d’artistes à contacter cette semaine. « Je travaille avec trente-deux artistes en ce moment », dit-il en repoussant une pile de dossiers pour dégager une chaise. « Certains sont ici depuis vingt ans, d’autres depuis six mois. »
Mikhail Zhukov a commencé sa carrière à Moscou au début des années 2000, dans les galeries de l’est de la ville qui animaient alors une scène contemporaine russe en pleine effervescence. Il s’est installé à Paris il y a dix-sept ans, convaincu que la capitale française était le meilleur observatoire pour l’art russe vu de l’Occident. Depuis 2022, son téléphone ne s’arrête plus. Les artistes russes arrivent en nombre. Le marché s’est transformé. Il nous explique comment.
Commissaire d'exposition indépendant, spécialiste de l'art russe contemporain et de la diaspora artistique post-2022
17 ans d'expérience entre Moscou et Paris. Basé dans le Marais (3e arrondissement). A organisé plus de 80 expositions d'artistes russophones en France et en Europe. Collabore avec des galeries françaises, belges et suisses sur la représentation de l'art de la diaspora russe.
Sommaire
- Votre parcours : comment êtes-vous devenu commissaire pour l'art russe à Paris ?
- La scène de l'art russe contemporain à Paris en 2026
- Les galeries parisiennes qui exposent des artistes russes
- L'impact de 2022 sur le marché de l'art russe en France
- La diaspora artistique russe : qui sont ces artistes en exil ?
- Comment fonctionnent les galeristes français avec les artistes russes ?
- Où trouver et acheter de l'art russe contemporain à Paris
- Les artistes russes à suivre en 2026
- Vos conseils pour les collectionneurs débutants
- Idées reçues sur l'art russe contemporain à Paris
Votre parcours : comment êtes-vous devenu commissaire pour l’art russe à Paris ?
Sophie Delacour : Mikhail, 17 ans dans le monde de l'art franco-russe — c'est un parcours atypique. Comment s'est-il construit ?
Mikhail Zhukov : J'ai commencé à Moscou, dans les galeries de la place Winzavod, qui étaient à l'époque le centre nerveux de l'art contemporain russe — une ancienne usine de vin reconvertie en centre culturel, un endroit extraordinaire. J'ai travaillé d'abord comme assistant commissaire, puis comme curateur à part entière. C'était une époque de grande effervescence : l'art russe était dans une phase d'exploration intense, très influencé par l'art conceptuel occidental mais aussi en conversation avec sa propre tradition avant-gardiste des années 1920.J’ai commencé à venir régulièrement à Paris pour les foires — la FIAC surtout — et j’ai compris très vite que Paris était le meilleur endroit pour faire le pont entre le marché de l’art russe et le collectionneur occidental. En 2009, j’ai décidé de m’installer ici. J’avais de bons contacts des deux côtés, et il y avait un vrai vide à combler : personne ne faisait vraiment ce travail de médiation entre les artistes russes et les galeries françaises de manière professionnelle et suivie.
Dix-sept ans plus tard, ce vide n’existe plus. Mais le travail de médiation reste aussi nécessaire — il a juste complètement changé de nature depuis 2022.
La scène de l’art russe contemporain à Paris en 2026
Sophie Delacour : Comment décririez-vous la scène de l'art russe contemporain à Paris aujourd'hui, en 2026 ?
Mikhail Zhukov : C'est à la fois extraordinairement vivante et profondément bouleversée. Vivante parce que Paris a absorbé en quatre ans une quantité extraordinaire de talents russes — des peintres, des sculpteurs, des vidéastes, des artistes de performance qui ont quitté la Russie depuis 2022 et qui travaillent ici, dans des ateliers de Belleville, de Ménilmontant, du 18e arrondissement.Bouleversée parce que les structures ont changé. Le circuit “Moscou → galerie parisienne → collectionneur européen” qui fonctionnait bien avant 2022 n’existe plus. Les grandes maisons de vente aux enchères ont suspendu les ventes de provenance russe. Les artistes qui ont des galeries représentatives à Moscou se retrouvent parfois dans des situations juridiques complexes concernant leurs œuvres — qui peut les exposer, qui peut les vendre, où les droits s’exercent ?
Ce qui est fascinant à observer, c’est que cet éclatement des structures traditionnelles a libéré quelque chose. L’art de la diaspora russe post-2022 est d’une intensité et d’une urgence qu’on ne voyait plus depuis longtemps. Ces artistes ont quelque chose d’essentiel à dire — sur l’exil, sur l’identité, sur la responsabilité de l’artiste face à l’histoire. Ça se voit dans les œuvres. Ça se sent dans les ateliers.
La dimension humaine de cette scène artistique s’inscrit dans une histoire longue. Les figures de femmes russes célèbres qui ont contribué à la culture mondiale — de nombreuses artistes russes en font partie — éclairent la profondeur d’une tradition que la diaspora post-2022 perpétue et réinvente.
Les galeries parisiennes qui exposent des artistes russes
Sophie Delacour : Quelles sont les galeries parisiennes qu'un amateur d'art russe contemporain devrait connaître ?
Mikhail Zhukov : Je vais être honnête : il n'existe pas à Paris de galerie exclusivement dédiée à l'art russe contemporain au sens commercial du terme — comme il en existe pour l'art africain ou l'art asiatique. Ce que vous trouvez, c'est plutôt un réseau de galeries qui ont intégré des artistes russophones dans leurs rosters pour des raisons différentes.Dans le Marais — notamment autour de la rue de Bretagne, de la rue Vieille-du-Temple et de la rue Charlot — plusieurs galeries de taille moyenne ont pris des artistes de la diaspora depuis 2022. Ce sont souvent des galeristes qui avaient déjà une sensibilité pour l’Europe de l’Est ou qui ont été approchés par des artistes russes avec de bons portfolios. Ils découvrent en même temps un nouveau segment de marché.
La Galerie Antoine Ertaskiran, qui travaille beaucoup avec des artistes d’Europe centrale et orientale, a exposé plusieurs peintres russophones. Des galeries de Belleville — quartier à forte concentration d’ateliers d’artistes — montrent aussi des travaux russes lors de leurs journées portes ouvertes. Et puis il y a des espaces alternatifs, des associations, des lieux hybrides café-galerie dans les 10e et 11e arrondissements qui programment régulièrement des artistes russes sans pour autant se définir comme galeries commerciales.
Pour les collectionneurs sérieux qui cherchent du travail de qualité, je recommande de suivre les vernissages au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo et à la Fondation Cartier pour l’art contemporain — des institutions qui n’exposent pas exclusivement des Russes mais qui, dans leurs programmations, font une place régulière aux artistes post-soviétiques.
L’impact de 2022 sur le marché de l’art russe en France
Sophie Delacour : Comment le marché de l'art russe a-t-il concrètement évolué depuis 2022 en France ?
Mikhail Zhukov : C'est une transformation en trois temps. D'abord, le choc et la désorientation : en 2022, les galeristes français ne savaient pas quoi faire. Ils avaient des artistes russes dans leurs programmations, des œuvres russes dans leurs réserves, des projets avec des institutions russes en cours — tout ça s'est arrêté du jour au lendemain. Certains ont rompu des contrats avec des artistes russes proches du pouvoir ou qui n'avaient pas clairement condamné la guerre. D'autres ont maintenu des relations avec des artistes de longue date en attendant de voir.Ensuite, la réorganisation — à partir de 2023, les galeries ont commencé à intégrer activement les artistes de la diaspora. Ces artistes sont en France légalement, ils peuvent exposer et vendre sans restriction, et ils ont souvent des carrières solides avec une côte internationale. Le marché s’est adapté.
Et maintenant, en 2026, on observe quelque chose de plus intéressant : une différenciation qualitative. L’art de la diaspora russe n’est plus “de l’art russe” au sens générique — c’est de l’art produit dans des contextes très spécifiques d’exil, de conflit identitaire, de rupture. Les collectionneurs avertis le voient et s’y intéressent précisément pour cette raison.

La diaspora artistique russe : qui sont ces artistes en exil ?
Sophie Delacour : Qui sont ces artistes russes qui travaillent à Paris aujourd'hui ? Quel est leur profil typique ?
Mikhail Zhukov : Il n'y a pas de profil unique, c'est ce qui est passionnant. Parmi les artistes avec lesquels je travaille, j'ai une peintre de 32 ans qui a fait les Beaux-Arts à Saint-Pétersbourg et qui est arrivée à Paris en mars 2022 avec une valise et un portfolio numérique. J'ai aussi un sculpteur de 58 ans qui avait une carrière institutionnelle solide à Moscou, avec des expositions dans de grands musées, et qui a tout laissé derrière lui par conviction.Ce qui les unit, c’est l’urgence. L’art qu’ils produisent ici n’est pas de la nostalgie — ce serait trop simple. C’est une réflexion en direct sur ce que c’est d’être russe à l’extérieur de la Russie, de continuer à créer dans une langue (russe, visuelle, culturelle) qui est perçue différemment depuis que la guerre a changé les associations automatiques dans l’esprit occidental.
Les artistes qui réussissent à Paris sont généralement ceux qui parviennent à tenir cette tension sans la résoudre — qui ne tombent pas dans le didactisme politique facile, ni dans la tentation de l’exotisme slave que certains galeristes attendent d’eux. Les meilleurs d’entre eux font quelque chose de plus universel : une œuvre qui parle à tout le monde, même si elle part d’une expérience singulièrement russe.
Cette présence artistique russe s’enracine dans une histoire communautaire longue à Paris. Comprendre l’histoire de la communauté russe à Paris — des Russes blancs aux émigrés d’aujourd’hui — donne une profondeur de lecture précieuse pour apprécier cet art dans son contexte.
Comment fonctionnent les galeristes français avec les artistes russes ?
Sophie Delacour : Concrètement, comment s'organise la relation entre un artiste russe de la diaspora et une galerie française ?
Mikhail Zhukov : Comme avec n'importe quel autre artiste, avec quelques complexités supplémentaires. La galerie représente l'artiste, prend un pourcentage sur les ventes — en France, c'est généralement entre 40 et 50 % — et assure la promotion, l'accrochage, la communication. L'artiste fournit les œuvres, la biographie, les déclarations artistiques.Les complexités viennent de la situation pratique : beaucoup d’artistes russes récemment arrivés n’ont pas encore de résidence fiscale stable en France, ce qui complique la facturation. Certains ont des contrats avec des galeries à Moscou qui pourraient théoriquement revendiquer des droits — même si en pratique personne ne veut ce litige. Les transferts d’argent vers la Russie, pour ceux qui ont encore des besoins financiers là-bas, sont compliqués.
La barrière linguistique reste aussi un enjeu. Beaucoup d’artistes russes parlent très bien l’anglais mais pas encore le français, et les relations avec les galeristes, les journalistes, les collectionneurs se font principalement en français dans le monde parisien. Mon rôle, très souvent, c’est de jouer ce rôle de traducteur culturel autant que linguistique.
Où trouver et acheter de l’art russe contemporain à Paris
Sophie Delacour : Pour quelqu'un qui veut commencer à collectionner de l'art russe contemporain à Paris, par où commencer ?
Mikhail Zhukov : Je recommande toujours de commencer par les événements à accès libre : les vernissages dans les galeries, les journées ateliers ouverts (notamment le Bal des Arts de Belleville au printemps et à l'automne), les foires de petits formats. Ces occasions permettent de rencontrer les artistes directement, de comprendre leur démarche et de prendre le temps de choisir avec la tête et l'émotion — pas sous la pression d'une vente aux enchères.Pour les artistes de la diaspora russe spécifiquement, les associations culturelles et les espaces communautaires organisent régulièrement des expositions — souvent dans des lieux atypiques comme des appartements, des ateliers, des espaces de coworking. Ces expositions informelles sont parfois les meilleures occasions d’acheter des œuvres de qualité à des prix très raisonnables, directement auprès des artistes.
Pour les acheteurs plus expérimentés, les galeries du Marais qui représentent des artistes russophones tiennent généralement des listes de clients fidèles et préviennent en avant-première des nouvelles acquisitions. Se faire connaître d’un galeriste en commençant par un achat modeste est souvent la meilleure stratégie pour accéder à des pièces intéressantes.
En ligne, des plateformes comme Saatchi Art ou Artsy référencent de nombreux artistes russes basés à Paris avec des prix clairement affichés.

Les artistes russes à suivre en 2026
Sophie Delacour : Sans trahir de confidences professionnelles, y a-t-il des artistes russes de la diaspora à Paris que vous nous conseilleriez de suivre en 2026 ?
Mikhail Zhukov : Je préfère ne pas citer de noms — la dynamique du marché de l'art peut rendre service ou disservice à des artistes selon la façon dont on en parle, et je ne veux pas créer d'attentes artificielles.Ce que je peux dire, c’est que les domaines les plus actifs en 2026 sont la peinture figurative — souvent avec des références directes à la tradition russe du XIXe siècle revisitée par une sensibilité contemporaine très fine — et la photographie documentaire, avec une génération de photographes russes qui ont photographié leur exil avec une lucidité remarquable. La vidéo et la performance ont aussi connu une explosion avec des artistes qui travaillent la question du corps, de la mémoire et de l’appartenance de manière très originale.
Pour se tenir informé, je recommande de suivre les comptes Instagram des associations d’artistes russes à Paris — il en existe plusieurs qui annoncent des expositions, des vernissages et des événements culturels. Et pour une vue d’ensemble du marché, des annonces d’artistes et événements de l’art russe en France permettent de voir qui expose, qui cherche une galerie, qui vend directement.
Vos conseils pour les collectionneurs débutants
Sophie Delacour : Un dernier mot pour les amateurs qui veulent découvrir l'art russe contemporain mais ne savent pas par où commencer ?
Mikhail Zhukov : Trois choses. D'abord, désapprenez ce que vous croyez savoir sur "l'art russe". L'art russe contemporain n'est pas Chagall, ni l'iconographie orthodoxe, ni les paysages de neige romantiques. Ce sont des artistes souvent formés aux mêmes références internationales que leurs contemporains français — Cy Twombly, Louise Bourgeois, Kiefer — mais avec une couche de sens supplémentaire liée à leur contexte culturel et historique spécifique.Ensuite, prenez le temps de regarder. L’art de la diaspora russe peut sembler hermétique au premier abord parce qu’il porte souvent des références culturelles internes — des symboles, des icônes visuelles, des allusions à l’histoire soviétique — que le regard occidental non initié ne reconnaît pas immédiatement. Mais ce n’est pas un obstacle : les meilleurs artistes construisent leur travail de manière à ce qu’il soit aussi emouvant pour quelqu’un qui ne connaît rien à la Russie que pour quelqu’un qui en vient. La sincérité de l’expérience transcende le particulier.
Et enfin, mêlez votre découverte de l’art à une découverte plus large de la culture russe à Paris. La musique classique russe au programme des grandes salles parisiennes — les concerts classiques russes à Paris — ou la littérature russe disponible dans les librairies russes de la capitale vous donneront des clés de compréhension qui enrichiront votre regard sur les œuvres d’art. La culture russe fonctionne en conversation avec elle-même : la peinture parle à la musique, la musique parle à la littérature. On entre rarement par une seule porte.
Questions rapides — idées reçues sur l’art russe contemporain à Paris
L’art russe contemporain se limite à des références orthodoxes et aux icônes.
Faux. L’art russe contemporain est aussi divers que n’importe quelle autre scène artistique nationale. Il couvre l’abstraction, la figuration, l’art conceptuel, la vidéo, la performance, la photographie documentaire. Les références religieuses existent mais ne sont pas dominantes dans la scène contemporaine — elles sont plutôt le domaine de certains artistes qui travaillent spécifiquement la spiritualité comme matériau.
Les artistes russes de la diaspora font de l’art politique.
En partie vrai, mais plus nuancé. Certains artistes de la diaspora abordent explicitement la guerre et l’exil comme thèmes. Mais beaucoup d’autres continuent un travail artistique qui préexistait à 2022 et qui n’est pas directement “politique” — des peintres abstraits, des sculpteurs travaillant la matière, des photographes sur des sujets universels. La politisation de leur situation ne se traduit pas systématiquement en politisation de leurs œuvres.
Acheter de l’art russe est risqué juridiquement à cause des sanctions.
Faux pour les artistes individuels ordinaires. Les sanctions européennes ciblent des personnes et des entités spécifiquement désignées, pas l’art russe en général. Acheter une œuvre à un artiste russe installé en France et non sanctionné est parfaitement légal. La prudence s’impose uniquement pour les œuvres provenant de Russie via des circuits institutionnels russes (musées d’État, galeries proches du Kremlin) ou pour les artistes sur les listes de sanctions.
L’art russe ne se vend pas en France depuis 2022.
Faux. Le marché a changé mais il est actif. L’art de la diaspora russe se vend à Paris, à des prix parfois plus élevés qu’avant 2022 pour les artistes bien représentés, parce que la demande des collectionneurs occidentaux intéressés par l’art “de résistance” est réelle. Ce sont les circuits d’importation directe depuis la Russie qui se sont effondrés — pas le marché de l’art russophone à Paris.
Pour voir de l’art russe à Paris, il faut payer des billets d’entrée coûteux.
Faux. Les vernissages dans les galeries privées sont systématiquement gratuits. Les journées ateliers ouverts dans les quartiers artistes (Belleville, Ménilmontant) sont gratuites. De nombreuses expositions dans des espaces associatifs sont également sans frais d’entrée. Le marché de l’art parisien, pour les visiteurs, est très accessible financièrement.
Conclusion — les 3 choses à retenir
1. L’art russe contemporain à Paris en 2026 est vivant et en mouvement. La diaspora post-2022 a amené à Paris une énergie créatrice remarquable. Ce n’est pas de la nostalgie ni du folklore — c’est une création en prise directe avec des questions universelles d’identité, d’exil et de responsabilité de l’artiste face à l’histoire.
2. Le marché existe et est accessible à tous les budgets. Des œuvres sur papier à quelques centaines d’euros jusqu’aux grands formats à plusieurs milliers, il y a de l’art russe contemporain de qualité disponible à Paris pour des acheteurs de tous niveaux d’expérience et de budget. Commencez par les vernissages gratuits.
3. Mêlez art et culture pour un regard plus riche. L’art russe ne se comprend vraiment que dans l’ensemble de la culture russe — musique, littérature, histoire. Paris est l’une des rares villes au monde où vous pouvez vivre cette expérience culturelle complète, de la salle de concert à la librairie en passant par la galerie d’art.