Cela fait tellement de temps que j'ai envie de voir Les Méduses (depuis le festival de Cannes, en fait, où je n'avais pas eu le temps de le voir...), que j'ai l'impression que j'en parle depuis des années! J'ai fini par le voir - un parfait film de vendredi soir (ça rend mon week-end encore plus beau)...J’ai envie de dire que nous tenons là un Lelouch israélien : le film raconte plusieurs histoires qui s’entrecroisent sans pour autant se toucher vraiment.
Et c’est un vieux marchand de glace (joué par le père d’Etgar Keret), dont vos parents vous ont dit « il va revenir » et qui n’est jamais revenu, vous laissant une envie inassouvie. Les souvenirs ne meurent jamais… Et trente ans après, cette glace jamais obtenue, vous la voulez encore.
Les Méduses chante la beauté d’un monde ordinaire, la beauté des élans de cœur qui nous submergent parfois, malgré nous, la beauté d’une ville, la beauté d’une mer… L’image est sublime, avec un grain reposant pour l’œil lassé des images lisses du Hollywood. Les histoires s’entrecroisent sans encombre, sans faire fausse route, sans forcer la main à notre imagination (c’est bien là l’œuvre d’un écrivain). C’est un film qui respire, animé d’un souffle étrange, et qui vous porte dans une direction inconnue que vous savez douce.
Faut-il y aller ? Oui ! Sauf si vous n’aimez pas les films « bizarres » (encore, celui-ci n’est peut-être qu’un dixième aussi bizarre qu’un Gondry), bien sûr. Mais le film n’est ni « fleur bleue » ni tire-larmes. Il est tout simplement parfait.