(Photo) Guy Tillim à la Fondation Cartier-Bresson | Une Russe à Paris
Une Russe à Paris

mardi 3 mars 2009

(Photo) Guy Tillim à la Fondation Cartier-Bresson

« La terre où je suis né m’est devenue étrangère à mesure que je la découvrais.
Le désir de photographier cette scène est moins lié à la volonté d’en poser le décor que de m’y situer moi-même. » 
Guy Tillim

La fondation Cartier-Bresson est probablement l’un de mes musées (ou, plutôt, de lieux d’exposition) préférés à Paris, autant par son espace (d’un vrai génie architectural) que par ses expositions (pour l’instant, c’est le seul lieu à ne m’avoir jamais déçue, c’est dire !). Aussi suis-je allée « les yeux fermés » voir l’exposition du photographe sud-africain Guy Tillim dont je ne savais… absolument rien sur des sujets qui ne me disaient… absolument rien. J’ai découvert Guy Tillim est sa façon inimitable d’appréhender la réalité, de la transformer et de la présenter à travers une photographie.

Des tons sourds, des couleurs souvent ternes – la photo de Guy Tillim se situe à la frontière entre le noir et blanc et la couleur. Parfois, une couleur flamboyante explose la grisaille du cliché, attire le regard et modifie l’espace. C’est curieux, car j’avais toujours les stéréotypes de l’Afrique comme d’un pays aux couleurs explosives – mais Johannesbourg a autant de couleurs que n’importe quelle banlieue parisienne ou lyonnaise… Voire même, les couleurs sont comme délavées, brûlées par le soleil. Mais ces couleurs fades ne font que mieux ressortir la texture (des murs, des routes, de la poussière…), la géométrie des lieux et la dynamique des lignes. On peut ainsi rester des minutes entières à contempler les craquelures du béton ou à s’abandonner dans cette grande baie du Grande Hotel vidé par ses hôtes luxueux.


Ne ratez surtout pas les photos de reportage exposées en vitrines – certains portraits sont absolument sublimes, comme cette version africaine de la « sainte famille » ou ce portrait d’un fumeur au regard pénetrant. Cette photo-là, avec le hall du Grande Hotel, est probablement ma préférée de toute l’exposition.

J’ai un peu moins apprécié Jo’burg, sans que je sache exactement pourquoi, aussi je m’abstiendrai de tout commentaire et je vous inviterai, en revanche, de publier les vôtres !

Une exposition à ne pas manquer si vous vous intéressez à la photographie… ou à l’Afrique. Cela m’a aussi donné envie de voir les photographies de David Goldblatt, le maître de Guy Tillim, de trente ans son aîné, qui travailla sur des sujets semblables mais privilégia pendant très longtemps le noir et blanc.

En pratique :

Guy Tillim. Jo'burg et Avenue Patrice Lumumba
Fondation Cartier-Bresson
Jusqu’au 19 avril
Tarif : 6 euros, 3 euros (tarif réduit), gratuit le mercredi de 18h30 à 20h30

Si vous n’avez pas le temps d’aller voir l’exposition, vous pouvez voir une partie de la série « Avenue Patrice Lumumba » ici (mais ne vous gâchez pas le plaisir de la découverte si vous comptez y aller !), la série Jo’Burg ici et la série « Pétros village » ici.

Photos utilisées dans ce billet :
1) Administration office, Department of Commerce, Antsiranana, Madagascar, 2007 (série Avenue Patrice Lumumba)
2) Grande Hotel, Beira, Mozambique, 2008 (série Avenue Patrice Lumumba)
3) Chimombo Chikwahira. Petros Village, Malawi, 2006 (Série Petros Village)
4) Emily, Alefa, Gloria Banda and Muyeso Makawa. Petros Village, Malawi, 2006 (série Petros Village)