Parmi les réalisateurs, Yvan Attal, Andrei Zvyagintsev (Le Retour), Fatih Akin (De l’autre côté), Scarlett Johansson (si si, c’est son début en tant que réalisatrice! et Natalie Portman jouera dans son épisode), Joshua Marston (Maria plein de grâce), Anthony Minghella (Par effraction, Le talentueux Mr Ripley), Brett Ratner (Rush Hour), Zach Braff (Garden State)… Curieusement, Woody Allen n’y participe pas, aurait-il déjà épuisé tout ce qu’il a à dire sur les histoires d’amour à New York? Parmi les acteurs, Elijah Wood, Nick Nolte et Kevin Bacon.
A suivre de près!
Le succès du film Paris, je t’aime a du faire tilt outre-Atlantique: un film ayant pour titre “New York, I love you” est en train d’être tourné… (gros suspense et roulement de tambour)… à New York. Cette fois-ci, 12 réalisateurs créeront chacun un épisode de 5 minutes, le point de départ de chacun étant une rencontre amoureuse dans l’un des cinq quartiers de New York.
Le principe de l’anthologie
Le modele est desormais connu: Paris, je t’aime avait montre la voie, en confiant a des realisateurs du monde entier un episode de quelques minutes, chacun dans un quartier de la capitale, chacun sur le theme de la rencontre. Le principe est seduisant parce qu’il est modeste: pas de grand recit, mais une mosaique — des fragments, des instants, des styles qui se repondent ou se contredisent.
C’est aussi un pari risque: dans une anthologie, on ne peut jamais tout aimer, et la qualite oscille necessairement d’un episode a l’autre. Mais c’est presque le contrat passe avec le spectateur: on accepte les chutes pour les sommets, et l’on repense longtemps aux episodes preferes apres avoir oublie les autres.
New York, autre planete
Ce qui change, outre le plan, c’est la ville elle-meme: New York ne se prete pas aux memes histoires que Paris. Plus vertical, plus exalte, plus cherché dans ses contrastes, l’ancienne capitale du XXe siecle a nourri le cinema americain autant que Paris a nourri le notre. La liste des realisateurs engages promet de jolis dehanchements entre les registres — et je note que Woody Allen, qui a tant filme New York, n’y figure pas: on ne peut pas etre a toutes les anthologies.
Reste la question qui taraude les amateurs de listes: combien d’episodes faudrait-il pour faire Moscou, je t’aime? Avec ses boulevards, ses cours d’immeubles et ses banlieues a l’infini, la matiere ne manque pas. Peut-etre un jour.
Le double jeu des villes mythiques
Entre Paris et New York, il y a plus qu’un partage de roles: il y a une longue histoire de fascination mutuelle. Les cineastes francais revent de Manhattan comme les americains revent de la Seine, et les deux villes ont ete filmees jusqu’a la corde — chacune devenant, pour l’autre, a la fois le decor et le miroir. C’est ce qui donne a ces anthologies un petit air de partie de ping-pong culturel: on y va voir comment l’autre nous regarde.
Pour une Parisienne d’adoption comme moi, le jeu est triple: je regarde New York regarde Paris, et je me surprends a chercher, dans chaque episode new-yorkais, ce que le realisateur aurait mis dans un episode parisien. Les ponts, les taxis, les cafes — chaque ville a son alphabet, et le plaisir du spectateur est de dechiffrer celui de l’autre.
A retenir : New York, I love you reprend le principe de Paris, je t’aime : 12 realisateurs, un episode de 5 minutes chacun, le point de depart etant une rencontre amoureuse dans l’un des cinq quartiers de New York. Le pari d’une mosaique, ou l’on accepte les chutes pour les sommets — en attendant, pourquoi pas, un Moscou, je t’aime ?
