Le décor : design et raffinement
Le quartier Pasteur-Vaugirard dans le 15e arrondissement est devenu un repaire de restaurateurs. C’est ici que s’est installé Le Marcab, une contraction des noms de famille des deux associés — un nom original qui, au moins, ne prête pas à confusion avec un autre établissement.
Le décor méritait à lui seul le déplacement. décoré dans des tons gris, brun et or, avec des banquettes royalement hautes et confortables, Le Marcab avait mis un soin particulier dans chaque détail : du poivrier à la barre retenant les lourds rideaux gris, tout était parfait.
La deuxième salle révélait un lustre absolument fantastique : ses éléments, non reliés entre eux, semblaient flotter dans l’air indépendamment les uns des autres. Une vision magique. La lumière, savamment travaillée, éclairait les plats sans inonder les convives — l’équilibre idéal entre le trop sombre de certains restos “hype” et la lumière crue des brasseries.
La cuisine : inventive et maîtrisée
Côté cuisine, le Marcab en jetait tout autant. Au début, on est un brin effrayé par la sophistication des intitulés — mais le résultat est là :
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Magret de canard “Apicius”, mousseline de carotte à la citronnelle et navets glacés au cumin — délicieux, tendre, avec une sauce douce qui se mariait parfaitement. Le magret, de qualité, était parfaitement cuit (rose, comme demandé)
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Filet de bœuf poêlé au saté, échalotes confites et darphin de pommes de terre — si bon qu’il fut dévoré avant que je ne puisse y goûter, sauf le darphin, excellent dans le style “rosti design”
Le dessert : oranges épicées et sorbet cacao
La salade d’oranges épicées et sorbet cacao était un mariage inattendu mais totalement maîtrisé. Les oranges aux épices, qui rappelaient un peu le thé de Noël de Mariage Frères, étaient plongées dans une petite “soupe” de jus. Le sorbet de cacao, déposé par-dessus — son goût, très concentré en cacao et presque pas sucré, faisait ressortir celui des oranges.
“Cerise” sur le gâteau : une framboise bien sucrée et juteuse, en plein hiver. Subtil ! Pour accompagner le tout, une corbeille de pain (baguette et baguette aux céréales, très bonne) et une bonne bouteille de vin.
Le verdict
Le Marcab, c’était le luxe, le goût et la volupté réunis dans un écrin design du 15e arrondissement. Un service sympathique, une cuisine inventive et une soirée parfaite. — Une Russe à Paris
Informations pratiques
| Détail | Information |
|---|---|
| Restaurant | Le Marcab |
| Adresse | 225 rue de Vaugirard (face métro Volontaires), 75015 Paris |
| Téléphone | 01 43 06 51 66 |
| Métro | Volontaires |
| Budget | Formule 35 € (entrée, plat, dessert) |
| Cuisine | française créative |
| Note | ★★★★☆ (4/5) |
L’ouest du 15e arrondissement a changé de visage en quelques années. Longtemps cantonné dans le rôle de quartier endormi — commerces de proximité, marché bihebdomadaire, immeubles cossus —, le secteur Pasteur-Vaugirard est devenu une terre d’élection pour les restaurateurs qui veulent attirer une clientèle d’amateurs plutôt que de simples passants. Les bistrots y investissent, les caves s’améliorent, et le promeneur gourmand y fait des découvertes à chaque coin de rue.
C’est aussi un quartier que l’on traverse, entre le parc Georges Brassens, la rue de Vaugirard qui le coupe d’est en ouest et les grands axes. Une adresse comme Le Marcab y trouve tout son sens: assez loin des foules pour dîner tranquillement, assez proche du métro pour s’y rendre sans y réfléchir.
Dîner en amoureux à Paris
Que ce soit dit: dîner en amoureux à Paris relève du sport de haut niveau. Trop de bruit tue la conversation, trop de chandelles bascule dans le kitsch, et le serveur qui presse entre deux services achève le reste. Ici, tout était calibré: lumière tamisée juste ce qu’il faut, banquettes où l’on s’enfonce, et ce rythme de service qui laisse le temps de se raconter sa semaine entre deux plats. C’est peut-être cela, le luxe à la française: non pas le cristal, mais l’absence de tout ce qui dérange.
