Petit Dictionnaire Amoureux Anglais-Chinois pour Amants de Xiaolu Guo | Une Russe à Paris
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lundi 31 mars 2008

Petit Dictionnaire Amoureux Anglais-Chinois pour Amants de Xiaolu Guo

Nouvelle lecture, cette fois-ci en anglais : A Concise Chinese-English Dictionary for Lovers de Xiaolu Guo (« Petit dictionnaire amoureux anglais-chinois pour amants » dans la traduction française). Curieusement, c’est à Bruxelles que j’ai entendu parler de ce livre pour la première fois, il y a presque un an : le cercle d’expats y fait fleurir quelques librairies où l’on trouve beaucoup de livres étrangers « en vo ». A Concise Chinese-English Dictionary était alors un OVNI : comment, la langue de Shakespeare déformée et maltraitée par une Chinoise sortie de nulle part ! Mais le livre s’est accroché et a trouvé ses lecteurs (et l’éditeur, ses ventes). La sortie de la traduction française m'a donné envie de le lire... en anglais.

Ce que dit la quatrième de couverture : «Roman d’initiation hilarant, ingénieux et attachant écrit dans un anglais de débutant ( !), journal intime satirique et sentimental d’une Orientale épatée et déboussolée par les travers de l’occident, mais aussi lexique grave, impétueux, aigre-doux et révolté à l’image de sa personnalité, le Petit dictionnaire amoureux Anglais – Chinois apporte bien des définitions nouvelles aux paradoxes d’un monde multiculturel.»

Qu’est-ce que ça donne ? Un livre drôle et vivant – on sent comment vit, libérée des contraintes de la grammaire, cette matière qu’est la langue. D’un langage assez basique au début, le style évolue peu à peu vers un anglais plus aisé mais toujours aussi coloré. Coloré, car Z, l’héroïne du livre, réfléchit souvent en métaphores. Elle observe cette société étrange qu’est la nôtre, mais l’intérêt du livre n'est pas (ou pas seulement) là: on en apprend presque plus sur sa culture à elle, et, à travers le découpage que Z fait du langage, de sa façon de voir le monde. Le thème de « l'étranger dans un pays étranger » n’est pas nouveau dans la littérature ; cependant ici la réalisation vaut le détour. Ce livre n’est pas seulement une histoire d’amour multiculturel (ce serait trop banal), mais un bref regard par le trou de la serrure, où l'on aperçoit ce qui se passe dans les têtes de nos amis les anglais et de nos amis les chinois, et où l’on apprend ce qui ne peut pas être compris entre les amants les plus tendres.

Quelques passages (pour les anglophones, et tous ceux à qui leur anglais permettrait de lire ce livre sans efforts – c'est-à-dire la majorité) :

Why not eat ?

- I am a vegetarian, - you say picking up little bit rice. - This menu is a zoo. Vegetarian means you don’t eat meat.

Now I understand why never buy piece of meat. I thought it is because you poor.


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Everybody in the party laughs.

- I think Asian people have a great sense of humour, - you say.
- No, we don’t, - I clarify.
- Why not? You and Yoko make everybody laugh all the time.
- No. We Chinese don’t understand humour. We look funny just because the culture difference, and we just being too honest, - I say.
- Yes, when you say things very honest, people think you are funny. But we stupid, - Yoko adds. (…) Humour is a Western concept.

Your friends look at us three Orientals, like look at three panda escape from bamboo forest.


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The train takes us to Wales. It is our first holiday together. It feels fresh. We should have done this long ago, we should have done this before we started fighting, before everything fell apart. Now I know why there are so many holidays in the West.




Faut-il lire ce livre? Je vous le recommande, si vous êtes curieux de connaître d'autres cultures, si vous êtes à la recherche d'une lecture pas très compliquée mais pas mauvaise, ou bien si vous avez déjà vécu la situation d'être perdu dans une ville inconnue sans une seule clé pour comprendre ses habitants. Je vous conseille vivement de le lire en anglais!