Avis sur le Relais de l’Entrecote, 15 rue Marbeuf (Paris 8e). Formule unique, sauce secrete et frites croustillantes. Note : 4/5
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Le concept unique du Relais de l’Entrecote
Le Relais de l’Entrecote est un restaurant pas comme les autres. Il n’y a pas de carte — pas de choix a faire, pas de menu a etudier. On s’assoit, et on recoit : une salade aux noix en entree, puis une entrecote-frites avec sa célèbre sauce secrete. Point final. C’est tout. Et c’est genial.
Ce concept radical — un seul plat pour tout le monde — est une liberation. Pas de stress du choix, pas de regret en voyant l’assiette du voisin, pas de negociation interminable entre convives. On mange tous la même chose, et on en parle. C’est la democratie culinaire a son meilleur. A l’opposé, le restaurant de l’opéra Garnier signé Nicolas Le Bec misait sur la gastronomie et la polémique culturelle — deux façons bien différentes de faire parler de soi.
La sauce secrete : le Saint Graal culinaire
La sauce du Relais de l’Entrecote est l’un des secrets les mieux gardes de la gastronomie parisienne. Depuis l’ouverture du premier restaurant en 1959, des milliers de gastronomes, de chefs et de journalistes ont tente de percer le mystere. Les theories abondent : du beurre de noix, de l’estragon, du foie de volaille, de la moutarde, du poivre vert…
Ce qui est certain, c’est que la sauce est preparee chaque jour dans les cuisines du restaurant et qu’elle est servie avec un rituel immuable : l’entrecote arrive en deux services — la première portion avec les frites croustillantes, puis la deuxieme portion avec des frites fraiches. C’est une attention qui fait toute la différence, un peu comme le décor si particulier du café qu’évoque Patrick Modiano dans Dans le café de la jeunesse perdue, ou chaque détail compte pour créer une atmosphère inoubliable.
À retenir : pas de carte, pas de choix — juste une salade aux noix suivie d’une entrecôte à la sauce secrète servie en deux services, frites croustillantes à volonté. Comptez environ 30 euros, aucune réservation possible, et une attente rarement supérieure à 30 minutes malgré la file d’attente permanente devant le 15 rue Marbeuf.
Steak-frites : la France dans une assiette
Le steak-frites est le plat national français par excellence — plus que le coq au vin, plus que la blanquette de veau, plus que la bouillabaisse. C’est le plat que chaque français mange au moins une fois par semaine, dans un bistrot de quartier ou chez lui.
En Russie, nous n’avons pas d’equivalent exact. Le plat du quotidien russe, c’est plutot les kotlety (boulettes de viande) avec du sarrasin, ou le bortsch avec du pain noir. Mais l’esprit est le même : un plat simple, reconfortant, qui dit « tout va bien » même quand ce n’est pas le cas.
Le Relais de l’Entrecote de la rue Marbeuf (dans le 8e arrondissement) est sans doute le meilleur du lot — ne serait-ce que pour l’ambiance et la qualité constante de la viande. Prevoyez de faire la queue (pas de reservation, c’est la regle) et d’en ressortir avec un sourire et un ventre bien rempli. Pour les vrais carnivores, Le Grand Pan dans le 15e est une autre adresse incontournable, avec des viandes tout aussi généreuses mais un choix de plats bien plus large.
